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05- Stage Volume.

Le stage Volume s’est déroulé en trois parties.

La première d’une journée au mois de décembre pour nous apprendre les techniques de contre dépouille. Toujours le même groupe de quatre.
Nous avons moulé la fiole de Rebecca.

La seconde partie a démarré début janvier.
Lionel Scossimaro, artiste intervenant, devait nous faire réaliser un projet en trois jours.
La première journée s’est déroulée en deux phases.
Le matin Lionel nous a présenté son travail, du départ, lorsqu’il était encore étudiant à aujourd’hui. Découvrir son travail était très intéressant. Le fait que ce soit lui et non quelqu’un d’autre, ou via de la doc, qui nous aie parlé de son boulot était très important pour moi. La différence entre le personnage de Lionel et son travail était ... un gouffre et c’est, je crois, ce qui m’a plu.
Je suis donc obligée, de part l’intérêt qu’il a suscité chez moi de vous mettre un liens vers son travail, ou du moins la partie de son travail qui m’intéresse le plus.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/scoccimaro/repro6.html

Nous avons embrayé l’après-midi par la présentation du « projet ».
Nous allions travailler sur les mains, le langage des signes et l’insulte.
.... Insulte, « langage des signes », enfin la dactylologie...
J’avoue, j’étais atterrée. J’avais l’impression de me retrouver dans un workshop que j’avais connue à Toulouse dont le sujet était « soyez subversifs ». Une vaste blague dont je ne comprenais pas l’humour ni l’intérêt.
Non seulement c’était réduire à quelque chose de rigide une langue qui n’est que mouvement et passage de sensations/sentiments , mais il fallait faire passer quelque chose par le langage le plus pauvre et pitoyable qui soit. Bref, du beau n’importe quoi.

Au final, après maintes propositions d’insultes et de discutions diverses pour un accrochage potentiel Lionel a arrêté un projet. Nous allions construire un banc, mouler chaque lettre d’après le tableau de dactylologie qu’il nous avait remis pour écrire... tenez vous bien !!!

« Dans ton cul »

Au départ assez réticente je me suis souvenue du peu de temps que nous avions, il ne nous restait déja plus que deux jours... Si nous réussissions à faire le banc, les 10 lettres/mains en moins de 48 heures et que ça ressemble à quelque chose ça pourrais tenir du miracle. J’exagère mais, deux jours... en n’étant pas très sur de ce qu’on est en train de faire, apprendre en même temps a été quelque chose de très intense.
Le jeudi matin nous démarions donc à 9h la bouche en coeur , les pieds et les mains dans l’alginate. Tandis que nous fabriquions ou trouvions les moules adéquats pour le moulage des mains, trouvions les victimes pour se faire mouler et faisions en sorte que l’alginate devienne plus que de la poudre d’autres fabriquaient le banc en atelier bois avec Don Jaques.

finalement... nous avons fini par y arriver non sans rajouter l’alphabet dactylologique au dos du banc... histoire que les gens puissent comprendre et se casser la tête à reconnaître chacune des lettres.

Et voici le banc « finit »...

Projet personnel

Après le départ de Lionel nous nous sommes retrouvés en compagnie de France et Robert. Voici donc la troisième et dernière partie du stage. Au départ ils nous ont appris le moulage du visage grâce à des bandes plâtrées. En ayant déjà fait c’est avec plaisir et amusement que je découpais les petites bandes pour mieux les placarder sur le visage des autres. Car... le mieux dans cette histoire c’est de voir la souffrance des autres au fur et à mesure que les bandes mouillées s’amassent sur leur petite peau, que le plâtre s’immisce dans la commisure des yeux et décape la peau en la pénétrant après enlèvement du masque.
Ce qui est aussi plaisant c’est d’être dessous. De sentir cette deuxième peau qui se pose petit à petit, de sentir le plâtre qui chauffe mais qu’il soit froid lorsque l’on pose ses mains sur le dessus. Rouvrir les yeux et avoir les cils pleins de plâtre, galérer pour tout faire partir. Il y a quelque chose d’amusant, une part de défis pour d’autres. Quoi qu’il en soit il s’agit de notre double que nous sommes en train de faire. Pas un double très précis, mais un double quand même.

Après consolidation et séchage du plâtre nous avons attaqué le latex. matière amusante je mélangeais plusieurs couleurs allant du rouge au vert pour tenter de donner une couleur de pourriture. Au départ ça a fonctionné, mon visage avait une bonne tête de masque d’halloween mal fait que l’on trouve dans les boutiques de farces et attrape.

Robert nous avait proposé de réaliser un projet personnel après le départ de Lionel, ce que nous avons fait. Je ne voulais pas travailler que sur la matière du latex, du visage et puis cette histoire de double me troublait pas mal.

Quelques jours avant j’avais trouvé un mécanisme d’horloge dans la rue. Ne fonctionnant plus seul, le mécanisme sonnant les « coups » se déclenchait à la main en tournant les aiguilles.

Le « sens » que je mets dans ce que j’ai fait ne se voit pas, ne se sait pas foncièrement. Le double, un double de moi-même. Je ne suis pas une personne que l’on peut qualifier de très « féminine », mon visage n’est pas féminin lorsqu’il est plâtré.

Je souhaitais quelque chose de double dans se « double » là. Comme un jeux de miroir, l’on se voit et puis un autre miroir se superpose et on voit déjà autre chose.

Dans ce même temps une chanson qui me tournait tout le temps dans la tête : La Brunette

De là je part sur une espèce d’idée de boite à musique.

Je plâtre le buste de Rebecca, part féminine et y ajoute mon visage, n’ayant pas le temps de faire un corps complet.

La chanson n’est pas l’originale, c’est la voix de Rebecca qui chante.

Grâce à l’aide de François Para et de pure data,la mise en place d’un système. Lorsque l’on tourne les aiguilles de l’horloge sur une heure ( de 12h à 11h) le mécanisme « sonne », tape sur un micro plat relié à un mac, et une carte son m-audio, déclanchant la chanson de la Brunette.

La baffle étant sous le socle, creux, je souhaitais que le « son » provienne du « double »que j’aurais aimé un peu plus androgyne.

J’aurais aimé pouvoir aller plus loin dans ce projet, en une journée, avec la grande aide de Rebecca et François Para, ça a juste suffit à ce que ça ne donne pas n’importe quoi.

Je garde quelque chose d’assez fort de ce stage. Fort dans le sens où il a été très riche en lui même et qu’il m’a apporté beaucoup de questionnements autour de ce que je peux faire dans mon travail.


ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr