Événements - Hors les murs - 2010/11 -

2010_05 / Josué Rauscher, « Babel balbutie. »



Babel balbutie.

Exposition du 10 mai au 3 juillet 2010

galerie Chez Robert
www.chez-robert.com

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Je lui ai demandé des mots, il ne m’en a pas donné, sans doute trop occupé à être l’œil aux aguets pour trouver les merveilles dont d’autres se débarrassent : une hélice, un je ne sais quoi, un petit quelque chose, un bonheur du jour. J’ai donc laissé flotter le bouchon... il a ferré « monticule » cette chose avec son « ule » un peu ridicule et son impossibilité d’être dans le registre du majestueux, du grandiose et qui pourtant échappe à l’ordinaire.

S’il s’agit du « robert » par exemple, qui, dans la langue qu’on tire, est devenu un sein après avoir été un biberon, le monticule devient aimable, un lieu où balbutier. On l’imaginait petit comme on croyait haute la tour, et c’est là qu’il nous attendait au tournant.

Parce que l’on aurait tort de croire que lorsqu’il pose une échelle ce soit pour la donner, elle est là pour désordonner l’univers, abattre les murs. Elle ne mesure pas ses effets, elle ne calcule aucune intensité connue. Elle gravite. Elle dit le début et la fin, et aussi la poussière, sans vanité aucune, tout en la faisant, comme le reste des images volées et des objets surpris.

mais l’image et l’objet se reliant, gardant quelque chose de leur utilité première, creusant leur espace pour ouvrir le nôtre, donnant les mots d’autres histoires d’avant et d’après, le trompe l’œil se fait trompe la mort. Alors, dans les ici et maintenant qu’il a posé chez Chez Robert, tout va bien.

Hélène Sturm, avril 2010.

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I asked him for words and he didn’t give me any, surely he was busy being on the watch for treasures people would get rid of : a helix, a’ je ne sais quoi ’, a little something, the bit of happiness of the day. So I let the bobber float... He caught the hillock, this thing with the «  ock  », a little bit ridiculous in the way it cannot be dignified or in the register of something grand and majestic but which however escapes the ordinary.

If it has to do with the « robert » for example, in French slang you would stick your tongue to what has come to mean breast after being a baby’s bottle, so the hillock becomes a amiable place, where one can mumble. We imagined it small as we thought the tower was high, and that’s where he was lying in wait.

Because it would be wrong to believe that when you put a ladder up it is to give it away, this one is meant to mess up the universe, to bring walls down. It doesn’t weigh its effect, it doesn’t count any well-known intensity. It is gravitating. It tells the beginning and the end, and the dust too, without any vanity, but creating one too like the rest of the stolen images and the surprised objects.

But the image and the object connect, they keep something of their first intention, digging into their space to open ours, giving the words of other stories from long ago and later and the ’trompe l’oeil’ starts deceiving death. So, in the here and now he put down at Robert’s, everything is fine.

Hélène Sturm, avril 2010 (translated by Christelle Reboullet).







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