Évènements - Conférences et tables rondes -

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #2

Séminaire, mercredi 20 décembre 2017, de 9h30 à 12h30
Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
autour de l’installation sonore expérimentale de Marlène Puccini.

Le séminaire intitulé « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » définit clairement son projet dans l’énoncé de son titre : il s’agit d’abord de s’intéresser à l’écoute et aux pratiques de l’écoute, c’est à dire aux pratiques qui à la fois supposent, engagent et déterminent des formes d’écoute.

Cette séance se développera autour de l’installation sonore de Marlène Puccini, artiste, à la Fondation Vasarely, intitulée Bande de Moebius.

« Cette bande de Moebius sonore opère une torsion dans l’espace acoustique où elle est spatialisée et se déploie autour d’un visiteur qui en est le centre de gravité et le moteur. Sa morphogenèse se compose d’un renversement, d’un déséquilibre que nous avons souhaité rendre perceptible. Il porte sur l’idée de déplacer du champ visuel au champ acoustique et sonore une bande de Möbius et de rendre perceptible le renversement intrinsèque à sa morphogenèse dans un dispositif de spatialisation du son. Créer l’illusion d’un renversement réel alors que l’on manipule des données virtuelles nous oblige à réfléchir au rapport, aux frontières entre « espace réel et espace virtuel », à leurs dialectiques au sein d’un dispositif artistique dans lequel le visiteur est convoqué pour y faire une expérience qui n’est pas de l’ordre du visuel. »

Jean Cristofol, professeur à l’école supérieure d’art d’Aix en Provence (PRISM-AMU)

La question de l’écoute est souvent pensée dans son rapport à l’environnement, comme une exploration par une personne de la relation perceptive au monde que le son génère. Elle se trouve déplacée par l’expérimentation que nous propose Marlène Puccini vers une situation de laboratoire où l’espace sonore est entièrement reconstruit et proposé à la perception d’un sujet mis en situation par le dispositif. Il y a donc d’un côté un travail de soustraction ou d’abstraction qui nous extrait du monde et de l’autre la reconstruction ou la recomposition d’un environnement dans lequel le son n’est pas seulement matière et signe, mais aussi espace et représentation. Il s’agit alors de rendre sensible le champ acoustique comme un espace construit et de jouer avec les potentialités que cette situation tout à fait particulière nous ouvre. Il s’agit de nous confronter à la relation de notre corps avec un espace perceptif dont les modulations peuvent être constituées comme les éléments d’une matière poétique. Marlène Puccini voudrait creuser l’écart de cette enveloppe coutumière où les limites de soi au monde se nouent et se perdent.

Pierre Cassou-Noguès, philosophe, Professeur des universités (Paris VIII).
« Un monde de sons »

Comment s’orienter dans un monde de sons ? Comment aussi y reconnaître des objets ou (pourquoi pas ?) des êtres vivants ? La localisation spatiale qui est déterminante dans la reconnaissance des objets usuels joueraitelle le même rôle dans un monde de sons ? J’essayerai de discuter de ces questions à partir de deux textes, un chapitre du livre Individuals de Strawson et une nouvelle de O. Stapledon, « A world of sounds ».

Marlène Puccini, artiste plasticienne, maître de conférence à l’Université Paris VIII.
« Dialectiques. Espace réel, Espace virtuel, Espace perçu »

Cette bande de Möbius sonore opère une torsion dans l’espace acoustique où elle est spatialisée et se déploie autour d’un visiteur qui en est le centre de gravité et le moteur. Sa morphogenèse se compose d’un renversement, d’un déséquilibre qui lui est inhérent. C’est ce déséquilibre que nous avons souhaité rendre perceptible. Afin d’étudier cette question, nous avons analysé sa morphogenèse afin de simuler et rendre perceptible son renversement, là où se perçoit et se joue le déséquilibre intrinsèque à sa topologie. Ecriture d’un programme de spatialisation du son. Ecriture d’un espace. Intégration multi-sensorielle, Perception, Interaction, Représentation nouvelle ( ?) sont les questions qui ont jalonné notre parcours et auxquelles nous avons tenté de répondre au sein de la pratique. C’est ce dont je tenterai de parler lors du séminaire.

Jean-Michel VIVES, psychanalyste, coresponsable du master 2 « Psychologie clinique et médiations thérapeutiques par l’art », Université Nice Sophia Antipolis.
« L’apparition de cette voix dans un espace moebien »

La voix humaine est, parmi toutes les manifestations apparaissant dans le champ sonore, une des plus - si ce n’est la plus - investie par l’auditeur. On reconnaît, la plupart du temps, immédiatement une voix qui nous est chère. Nous nous attacherons à déterminer dans un premier temps ce qui rend une voix si singulière et si familière. Puis, dans un second temps, nous nous interrogerons sur les effets provoqués par l’apparition de cette voix dans un espace moebien (espace proposé par Marlène Puccini) transformant cette singulière familiarité en inquiétante étrangeté.

Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques #2
Séminaire, mercredi 20 décembre 2017, de 9h30 à 12h30
Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
autour de l’installation sonore expérimentale de Marlène Puccini.

Le séminaire « Pratiques de l’écoute, écoute des pratiques » est co-organisé par le laboratoire PRISM (AMU/CNRS) et par l’IMéRA.

Responsables du séminaire : Jean Cristofol (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Elena Biserna (ESAAix, PRISM AMU/CNRS), Christine Esclapez (AMU, PRISM AMU/CNRS), Peter Sinclair (ESAAix, PRISM AMU/CNRS).

Le projet « Bande de Möbius. Perception et Déséquilibre dans l’espace acoustique » a été développé dans le cadre du Labex-Arts-H2H de l’Université de Paris 8, en partenariat avec l’ENS-Louis Lumière le CNRS-Prism, Marseille, L’ISM, le Lapcos, Université Nice 98, La Fondation Vasarely. Il est porté par Marlène Puccini. L’exposition est permise grâce au soutien de l’ESAAix, Hexalab, Seconde Nature, Zic in Off, Générali St Victoret.



ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr