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7 module volume-son

Atelier volume / son


Le 2 mars 2006,
dans un amphithéâtre de l’école d’art d’Aix-en-Provence,
face à la population des 1re année,
3 personnages entrent en scène :
· France Cadet (spécialisée en robotique),
· Robert Oeuvrard (arts-plastiques),
· Erik Samakh (arts-plastiques).
Un nouveau défi est lancé aux 26 élèves :
Créer une sculpture sonore.

Avec pour principales règles :

· Lors du rendu ou de l’évaluation l’objet sera présenté sous forme de performance ou d’installation.
· Chaque élève sera tenu de tenir un carnet de recherche (parcours de recherches, références, ...)
· Un dossier final sera remis en fin d’atelier (format A4).

Le défi a commencé le 2 mars 2006 à 14h, et se terminera le 13 Avril 2006 à 8h.






Créer inventer imaginer

Tout commence par une idée juste esquissée au coin de notre tête, une image, un son, un mot, nous y pensons quelques instants puis nous l’oublions mais elle, est restée là.
L’esquisse grandit et s’affirme,
nous n’y pensons plus,
nous croyons l’avoir oubliée.
Pourtant notre inconscient l’a travaillé, il a puisé dans nos souvenirs, dans notre quotidien, dans notre affectif, notre psychique, dans notre mémoire.
Petit à petit ce flash à pris des formes, et des couleurs.
Puis un beau jour cette idée revient, et se confirme
on la nomme projet.

mais un projet reste quelque chose d’éventuel,
dont la naissance matérielle ou physique est encore incertaine,
il faut alors se donner un temps de réflexion...

Réalisable ou pas ?
Vient le temps de la conception,
étape difficile.
Comment reproduire à l’identique un projet que nous avons mis autant de temps à élaborer ?

L’objet ou l’être a vu le jour,
faire connaissance avec celui-ci peut prendre du temps.
Il faut se laisser du temps, ne pas omettre de détails.
Faire connaissance !
connaître quelque chose, connaître quelqu’un !
Cela signifie-t-il que toute chose est programmée à rester stable, constante, sans changement ?
En réalité, nous ne connaissons qu’une part de tout ce qui nous entoure,
nous ne nous connaissons pas nous même.
Une machine industrielle crée pour coudre les semelles des chaussures peut à tout moment cesser de piquer dans le bon sens.
Un homme d’apparence normale, sain d’esprit, peut plonger dans la folie du jour au lendemain, tuant sa femme et ses enfants inconsciemment et sans raison.
Apprendre à connaître un objet ou un être vivant est quelque chose qui ne peut se faire sur une durée déterminée.

« La confiance se donne ».
puis-je donner ma confiance, comme je donne une pomme ?
selon moi la confiance se partage,
dans un rapport d’échange à deux.
Il n’y a pas besoin de la donner, elle s’installe seule...


Notre petite idée de départ a bien grandit, aujourd’hui elle existe, je crois en elle, je l’enrichis toujours...


Une idée, une chanson, une œuvre plastique, un projet
c’est un peu, un être vivant...

Il y a l’envie de devenir parent,
la réflexion,
a conception,
apprendre à connaître son enfant,
partager les bons et les mauvais moments,
le voir grandir,
l’aider,
lui faire confiance
...






Petites balles sonores :
Des balles de 40 cm de diamètre
A l’intérieur :
· Des billes
· Des boulons
· Du riz
· Des graines
· etc....

créer un jeu de balles ludique et musical,
destiné plus particulièrement aux enfants.

Le principe étant de lancer ou faire rouler les balles selon le son désiré.



Balle de cirque sonore :








Détourner les balles de cirque sur lesquelles on peut marcher, s’asseoir, s’appuyer.
La forme, la taille, et l’aspect de ces balles ne seraient pas modifier, de la matière solide (pâtes, riz, billes, sable ...) ou liquide comme de l’eau y seraient introduits.
De cette façon lorsque la balle sera mis en mouvement, elle produira des sons.



mon corps comme objet sonore :

Jouer sur les bruits.
frottements entre la peau et les tissus,
entre les tissus et toutes les surfaces sur lesquelles mon corps prendrait appui,
puis entre ma peau et ces surfaces.

Utiliser un système d’amplificateur de son,
disposer des micros sans fil sur mon corps et dans la pièce,
amplifier tous les sons jusqu’à l’absurde,
les faire résonner ou vibrer.






La danse et le cirque sont deux art sur lesquels mon intérêt se porte depuis quelques années.
J’ai tenté d’introduire un peu de chacun d’eux dans ce projet.

Comme deux danseurs je souhaitais créer un objet avec lequel mon corps serait en symbiose.
La sphère me vint à l’esprit.

Symbole de la maternité de la fécondité de la vie de la terre... ?

Construire une boule
Dans laquelle je peux entrer et sortir.





Huit arceaux creux en métal,
à l’intérieur différents matériaux (es billes, des pâtes, du riz, de la semoule...).

Chacun de ces arcs produit un son,
comme des bâtons de pluie.
Chaque arceau est un objet sonore, un instrument de musique
et comme un chef d’orchestre qui mène ses musiciens
je dirige mon instrument.


Une structure imposante qui oblige celui qui veut la conduire à d’abord la maîtriser,
comme un dresseur et son animal.
Un rapport intime se créer.
On s’y attache.

Deux corps.
Un : massif, froid, rigide, lourd.
L’autre : vivant, souple, fragile.>br>
A la manière d’un duel,
Un rapport de force,
Lutter contre le poids, résister au mouvement de rotation.

A la manière d’un duo.
Une complicité.
Une complémentarité.


Les sons :
Doux
Cassants
Fluides
Coulants
Saccadés
Crépitants
Etouffés
Agaçants
Crispants



La naissance


Une boule lumineuse,
à l’intérieur une ombre,
un corps qui s’éveille, et qui s’élève peu à peu...

Une boule lumineuse,
plongée dans le noir...

Soudain un flash,

Le silence.


Une boule lumineuse,
à l’intérieur une ombre,
un être qui s’élève et se lève peu à peu...

La sphère se balance,
doucement et lentement.

Puis un autre flash
plus aveuglant.


Une boule éteinte.

Un chant raisonne,
comme une prière,
à la manière des moines tibétains...

Une boule lumineuse,
à l’intérieur une ombre,
un corps, debout, se meut,

Les balancés se font de plus en plus rapides
Les voix se font de plus en plus fortes


La boule roule,
à l’intérieur le corps s’adapte et se fixe,

Les chants se transforment en cris,
la sphère prend de la vitesse,
puis tout s’arrête.


Le silence
Le noir
Le calme


Des craquements
Des déchirements
Des froissements

Doucement

Au rythme de cet éclatement
La boule se rallume

L’ombre devient corps qui devient vivant
Il sort de sa bulle, un bras puis l’autre,
son torse
sa taille
sa cuisse droite son genou et son pied
sa cuisse gauche son genou et son pied.


Volume

· Armatures en bois (lattes), ou en acier.
· Taille : 1 m 70 de diamètre
· Papiers : journaux, alu, crépon...



Son

· Les frottements de la boule contre le sol
· Les voix (les chants)
· Le corps qui se déplace dans la boule
· Les papiers qui se froissent ou se déchirent







Il est évident que la naissance est le thème central de ce projet.
Evoquer la vie de l’homme, de l’être humain ne m’intéressait pas, ce que je trouve intéressant est l’idée que toute chose a un début et une fin.

Nous naissons et nous mourrons.
Nous créons et nous détruisons.

L’homme n’est pas le seul acteur,
la nature a aussi un pouvoir immense de création
Tempête, pluie, planètes...

Si ce n’est pas détruit ça se décompose, ça fond, ça se dissout ça se transforme ça se récupère...

Tout a un début et tout a une fin.
Toute chose ressemble aux montagnes russes :
on part d’un point, on rencontre des obstacles et quelques virages,
puis le tour s’arrête et on descend.

Une planète vit sa vie et s’éteint, elle devient alors étoile.

Rien n’est éternel.









Une boule, 3 étapes :

1. 1re approche

tester la boule, en tester ses limites...
quand va-t-elle s’élancer ?
jusqu’où puis-je me balancer sans rouler ?
faire un inventaire de toutes ses caractéristiques

2. 2e approche

apprivoiser les sons émis par cette sphère
contrôler les mouvements de la boule, pour contrôler le son

3. 3e approche

me fixer les mains et les pieds
rouler




















Dans un lieu clos, sombre et silencieux
Le spectacle commence


Le rythme est lent
Doucement


Il faut se laisser le temps d’écouter les moindres bruits
Il faut se laisser porter


Puis
Dans un changement discret
Ça s’accélère
Plus forts et plus lourds
Plus rapides et dynamiques
L’instrument devient plus bruyant



Ainsi va et vient cette sphère
ainsi vont et viennent ces sons
ainsi font font font ces deux corps


en fond depuis le début se déroule un film
une balançoire
toujours pareil






mouvement perpétuel
Imaginer un système qui permettrait à la sphère de rouler en gardant un même rythme, et sans que celle-ci s’arrête, ainsi les balancés seraient à une même fréquence, dans un mouvement perpétuel.



Projet vidéo
filmer la boule entrain de balancer.
filmer :
· Les mouvements de l’eau, plus particulièrement la mer (la vague).
· Des brins d’herbes balancés par le vent
· Des nuages qui avancent dans le ciel
· Les pieds d’un danseur

Faire un montage vidéos qui mêlerait tous ces éléments.
En gardant en permanence les sons de la boule en mouvement lors des hors champs.

Des micros sans fil seraient fixés aux deux extrémités de la sphère,
les sons produits seraient diffusés en direct par un système de haut- parleurs dans un lieu différent de celui où se trouve la boule (nurseries, toilettes publiques, cabines d’essayages,..)


Les effets produits sur l’homme (voire sur les animaux), seraient différents :
· Apaisant (nurseries)
· Inquiétant (cabines d’essayages)
· Stimulant (toilettes)



Un moyen de transport
Créer un moyeu de transport, de déplacement.
1er test :

En voiture, en car, en bus, en train, à vélo, ou sur une planche à roulette nous nous déplaçons toujours avec les pieds plus bas que la tête.

Lorsque nous nous plaçons dans la boule et que celle-ci est en mouvement, notre corps est en rotation, nos pieds sont alors au-dessus de notre tête.

Quatre poignées seraient fixées sur quatre points à l’intérieur de la boule.
Un harnais relié à une corde serait fixé aux deux extrémités de la sphère.
Le corps serait en suspension, aucun membre ne pourrait toucher le sol.



Sphère ludique
Règles du jeu :

-  Passer entre les arceaux quand la boule est lancée.


-  Essayer de ne pas toucher ou relancer la structure.
S’adapter à son rythme, même quand il ralentit !


-  Créer un maximum de figures de passages différentes.

Lors de cette petite expérience amusante,
placée derrière mon appareil photo je laissais Alexis, Chloé et Elodie se prendre au jeu.
Au bout d’un certain temps quelque chose commençait à se construire !
Le rapport avec la boule était de plus en plus visible et marqué.

En les observant je voyant naître une histoire.
Trois êtres à la rencontre d’un objet,
parfois seuls parfois unis ils affrontaient cette chose qui les intriguait,
puis en quelques secondes cette boule étrange pouvait devenir leur refuge.





A l’étroit et contraints par les mouvements de balancés leurs corps s’adaptaient.
Se mêlant, s’entrelaçant, des figures sont improvisées.






Voilà un objet à fonctions multiples.
A la fois :
· Instrument de musique expérimental
· Binôme dans un pas de deux
· moyen de locomotion



mais il reste beaucoup à explorer de cet objet...







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