Étudiants - Archives des années précédentes - 2009/10 - 1° année (2009/10) - MÉMOIRES - DALES Marjory -

Art Contemporain.

Ceci est l’exposé du premier semestre. Fait avec Floëne Combarré.

Tony Smith

Né à South Orange dans le New Jersey (USA) en 1912 est mort le 26decembre 1980 d’une crise cardiaque.
Il est né la même année que Pollock et Rotho, dont il fut l’un des amis les plus proches dans les années 40-50.
C’était un sculpteur, adepte des formes géométriques (+matériaux industriels et surfaces impersonnelles)
1933 : Il fréquente l’Art Students League (New York)où il se consacre à la peinture. Une de ses premières toiles à cette époque représente un cube.
1937-1938 : il a étudié l’architecture au New Bauhaus (design) de Chicago mais a aussi appris en travaillant sous la directive de Frank Lloyd Wright(1938-1939), un architecte américain fondateur de l’architecture moderne, qui réalisa entre autres le Guggenheim museum e New York ou la maison de la cascade, construite pour un homme d’affaire, en Pennsylvanie, et qui inspira Hitchcock pour la mort aux trousses. Tony Smith hérita alors du style particulier de Franck Loyd Wright : l’usage de formes géométriques, des blocks massifs et droits. Petite citation : «  Etudiez la géométrie, qui est l’idée de toute forme : une caille, un escargot, un coquillage, un poisson ; ils cèdent leurs secrets sans peine, et ils sont plus près des origines, plus primitifs.  » Géométrie, sans doute, mais tirée de formes organiques : la leçon sera retenue.
Il travaille en tant qu’architecte pendant 20ans et enseigne cette discipline (dessin en trois dimensions, dessin d’architecture)à la Cooper Union, ou encore au Pratt Institute(architecture) mais aussi au Bennington College(1958-61) et au Hunter College(1962-1974).
En, 1943 il se marie avec la chanteuse d’opéra Jane Lawrence, est le père des artistes Chiar Smith, Seton Smith et Bebe Smith.
En tant qu’architecte, il conçut des habitations pour des personnalités comme la directrice de galerie Betty Parsons, un atelier pour le peintre Cleve Gray, et il remodela l’espace de la galerie French & co.
Ce n’est qu’au milieu des années 50-début des années 60 qu’il se penche sur la sculpture tout en continuant sur la voie de l’enseignement. De ce fait ses premiers travaux de sculptures découlent de ses savoirs en matière d’architecture (maquettes en carton, bois, etc). C’est seulement en 1964 qu’il est révélé comme étant un sculpteur, grâce à une exposition dans laquelle il a été inclus. C’est ainsi qu’il devient l’un des artistes qui influença l’art minimal.

Ses peintures

Agrégats de modules géométriques allusivement biomorphiques et répartis sur la toile de façon sérielle à la manière de Vantongerloo.
Ce travail de peintre sur des modules élémentaires et répétés autant que sa réflexion d’architecte sur les éléments essentiels d’un volume conduisirent naturellement Tony Smith à la sculpture.

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Vantongerloo

Die

Fabriquée en 1968, Die est une des œuvres majeures de Tony Smith. Elle se présente sous la forme d’un cube d’acier de 182,9cm de côté. Pour sa fabrication, il a fait appel à une société américaine dans le New Jersey dont le slogan disait qu’ils étaient capables de réaliser toutes nos envies. La grandeur a été calculée en s’inspirant des proportions du corps humain (référence à Léonard de Vinci), de ce fait la sculpture n’est plus un simple objet mais devient un véritable monument, ce qui bouscule notre point de vue et fait débat chez les philosophes et la génération de l’art minimal. En effet, pour observer l’intégralité de la sculpture (qui pèse 500livres), il faut tourner autour et ainsi établir un rapport entre nous, l’œuvre, et l’espace tout entier, ce qui rejoint les caractéristiques du minimalisme.
Précision : on ne peut apercevoir que deux faces de Die à la fois.
Le titre paraît simple mais nous pouvons l’associer à plusieurs choses :
L’industrie (moulage sous pression)
Au hasard (jeu de dés)
Et la plus évidente : la mort (la sculpture fait 6pieds => «  6 pieds sous terre  »)

Avec cette association entre des sculptures d’apparence simples, fabriquée industriellement et liées à des jeux de mots plus profonds et ambigus, Smith bouleverse l’idée que nous nous faisons de la sculpture à savoir la manière dont elle est faite, ce qu’elle signifie, et comment elle doit être regardée.

Il y a 4exemples de Die, mais seulement 2 ont été réalisées. L’une se trouve Whitney museum of American Art et a été produite en 1962, tandis que l’autre, construite en 1968 appartient, depuis la mort de l’artiste qui la conservait chez lui, à la National Gallery of Art.

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Evolution

A partir de cette forme cubique, Tony Smith réalise un nouveau genre de sculpture : des polyèdres.
Free Ride (1962) reprend les trois arrêtes du cube
The Elevens are Up s’inspire quant à lui de deux flancs du cube
Night et Playground reprennent deux axes du cube
We Lost est un cube dont les faces ont été évidées.
Le principe est donc simple : enchainer les uns aux autres des polyèdres, pour obtenir des formes régulières et complexes. Sur ce principe naquirent différentes œuvres : Spitball, Willy et The snake is out.
Smith s’éloigne donc peu à peu des principes architecturaux. D’œuvre en œuvre ses sculptures s’approchent du modèle moléculaire -> Smoke et Smog sont des exemples (1967)
Aucun des éléments d’une sculpture de Tony Smith ne peut être isolé, pas plus que la pièce de sculpture elle-même ne peut être séparée de son environnement. En effet, dans les architectures qui entourent l’œuvre, se trouvent des équivalents de ses éléments constitutifs : tétraèdres ou octaèdres, parallélépipèdes, ou bien des surfaces ou des axes qui sont autant de rimes visuelles aux faces et aux arêtes de la sculpture. Il s’en explique ainsi : «  Dans mes dernières pièces, les vides sont faits des mêmes composantes que les pleins. Sous ce jour, ceux-ci peuvent être vus comme des interruptions dans un flux spatial par ailleurs continu. Alors que j’espère que mes sculptures ont forme et présence, je ne les considère pas comme des objets parmi d’autres objets, je les considère comme isolées dans leur propre environnement.  »
Dans les dernières années, Tony Smith a davantage porté son attention sur les vides qui s’inscrivent à l’intérieur des pleins. Il a voulu mettre plus encore en évidence le continu discontinu spatial que provoque toute sculpture.
Ainsi, à l’égal des jardins de pierre zen, 10 Elements (1976-1979) éparpille des blocs dont les positions respectives créent un réseau de relations et de tensions. D’autre part, cette œuvre joue sur des paradoxes visuels : saisis à distance, les dix polyèdres semblent autant de cubes vus en perspective, chacun selon un système différent, créant ainsi un effet de distorsion spatiale.

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Conclusion :

Tony Smith a souvent été rapproché des minimalistes de la génération suivante. A l’opposé des œuvres minimalistes et du cool art, les œuvres de Tony Smith tendent à retrouver un processus de création organique : «  je ne pense pas tellement que mes pièces soient les exemples d’une typologie de même que des spécimens qui pourraient constituer une collection de timbres ou de monnaies. Je les vois comme des graines ou des germes qui pourraient croître ou contaminer.  »


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