Étudiants - Archives des années précédentes - 2009/10 - 1° année (2009/10) - MÉMOIRES - QUINK Maureen -

Art contemporain

Exposé sur l’artiste Joseph Kosuth

dans le cadre du cours d’art contemporain

L’art conceptuel

Origines :
Les arts incohérents (1882 - 1893)
marcel Duchamp - le ready made.
Yves Klein - ses zones de sensibilité picturale immatérielle.
Robert morris - « card file »
Sol LeWitt - ses « Wall Drawings ».

Son propos :

Lawrence Weiner - le langage comme matériau poétique, l’exposition du concept.
Joseph Kosuth - l’analyse de l’art par lui-même, réflexivité, tautologie.
Art & Language - les codes et la communication.
Bernar Venet - « ...mon dernier acte subjectif est d’opter pour l’objectivité »
On Kawara - les dates et les lieux qui régissent le cours de sa vie.
Robert Barry - les mots dans l’espace, les associations d’idées.
Victor Burgin - l’énoncé performatif.
Ian Wilson - ses discussions
Douglas Huebler, Dan Graham,Tania mouraud, John Baldessari, mel Bochner, Stanley Brouwn, Opalka, Hanne Darboven,Giovanni Anselmo...
Seth Siegelaub, l’exposition se situe dans le catalogue.

...

Joseph Kosuth

Biographie :
Joseph Kosuth né le 31 janvier 1945, est un plasticien américain qui vit et travail à Gand en Belgique
Il a étudié de 1955 à 1962 au Toledo museum School of Arts, en 1963 au Cleveland Art Institute et de 1965 à 1967 à la School of Visual Arts de New York.
La School of Visual Arts ou école d’art visuel, fait partie des établissements les plus prisés en matière d’art et de dessin.
Il est le fondateur du museum of Normal Art.
En 1965, il expose son œuvre One and Three Chairs qui fait de lui l’un des fondateurs de l’art conceptuel.
En 1969, il est rédacteur du journal Art and Language et travaille avec le groupe artistique du même nom.
Art and Language est un collectif anglais qui va dans le même sens que l’art conceptuel mais qui n’utilise pas la même procédure, la même analyse. Leur procédure s’appelle l’heuristique (système qui pense ses propres règles).
Le groupe Art and Language utilise le langage car c’est à travers lui que se construisent les idées, les concepts qui dominent un moment de l’histoire. Développer un système théorique dans lequel les concepts couramment employés pour définir l’art sont mis en relation et analysés en fonction du concept art tel qu’il est défini jusque là. Cela permet de répertorier les mots qui apparaissent, disparaissent, ceux qui persistent. Analyser l’évolution des mots à travers les diverses définitions proposées.

...

En 1972, il participe à la Documenta 5 à Cassel avec le projet Index 0001.
En 1971 et 1972, il étudie l’anthropologie et la philosophie à la New School for Social Research de New York.
Kosuth a enseigné à l’Académie des Beaux-Arts de Stuttgart
En réaction contre l’école formaliste américaine, abandonne la peinture sitôt ses études d’art achevées. Pour lui, l’art doit se fonder sur des propositions positives, alors que les questions d’ordre formel ou celles touchant à la personnalité de l’artiste ne le sont jamais absolument.
En théoricien de l’Art conceptuel, dont il devient rapidement une figure majeure, il affirme que l’art, par les efforts de l’artiste, ne peut que mettre l’art en question, en l’interrogeant sur sa propre nature : "Le ready-made fit de l’art une question de fonction. Cette transformation marquera le début de l’art moderne et de l’Art conceptuel.
Tout l’art après Duchamp est conceptuel« (Art after philosophy, 1969). Il reprend la formule du peintre Ad Reinhardt »Art as art as art« , l’adapte à ses vues »Art as idea as idea« , et parvient à une proposition satisfaisante : »l’idée de l’art et l’art sont la même chose« . Prenant exemple sur l’analyse logique, il reconnaît que les tautologies sont les seules propositions valables puisque, comme l’art, elles restent vraies en vertu d’elles-mêmes : »L’art est une tautologie. L’art est la définition de l’art".
La tautologie est une phrase ou un effet de style ainsi tourné que sa formulation ne puisse être que vraie.

L’entreprise de Joseph Kosuth consiste séparer l’art du jugement esthétique. « Art is Art » devient l’hymne des conceptuels.

...

Expositions

• musée du Louvre, « Ni apparence, ni illusion », à partir du 15 octobre 2009
• musée Guggenheim, « Singular Forms Sometimes Repeated : Art from 1951 to the » Present ", New York, 2003
• Centre for Contemporary Art, Varsovie, 1996
• Documenta, 1977, 1982, 1992
• Biennale de Paris, 1985
• Institut d’art contemporain de Villeurbanne, « L’Art et le Temps. Regards sur la quatrième dimension », Villeurbanne, 1985

...

œuvre
One and Three Chairs

« One and three Chairs » est une série qui apparaît comme une première investigation qui annonce l’avènement de l’Art conceptuel.
Installation réalisée en 1965 qui se compose :
- D’une chaise réelle, objet d’usage courant choisi parmi les plus anonymes
- D’une image de la chaise à l’échelle 1, apparence de la chaise reproduite par un procédé mécanique
- D’une définition de la chaise rapportée d’un dictionnaire anglais (ou bilingue en fonction du lieu d’exposition), qui donne une idée de la chaise

L’ensemble est la triple représentation d’une même chose sans qu’il y ait une répétition formelle.
Ce qui est multiplié d’une partie à l’autre de l’œuvre, ce n’est pas la chaise réelle, encore trop particulière malgré sa neutralité, ni la photographie qui ne représente que son image, ni enfin sa définition qui envisage tous les cas répertoriés de l’emploi du mot « chaise » mais néglige de fait celui de la chaise réelle et de son image. Il s’agit dans les trois cas d’un degré distinct de la réalité de l’objet.
Tous trois désignent, par leur association, une quatrième chaise, idéale et invisible dont le concept se trouve ainsi suggéré, bien plus que défini. La où défaille l’objet, intervient l’image, et là où celle-ci à son tour défaille, apparait le langage, lui-même insuffisant mais déjà substitué par l’objet.
Ce n’est donc pas, la chaise, la photo ou la définition en tant que tel qui importe, mais comment tout cela joue ensemble. En quoi l’objet concret n’est qu’une occurrence d’un concept, tout comme un objet d’art n’est qu’une occurrence du concept d’art. C’est également une pièce qui ne dépend pas de sa matérialisation puisqu’elle se décline avec un manteau, une lampe, un marteau...
Quel que soit l’objet c’est l’idée qui persiste.

...

Blow up

Pour la seconde investigation, Kosuth se passe de l’objet et n’utilisera que la définition pure, le « blow up » l’agrandissement photographique d’une définition d’un dictionnaire des idées et des notions, tirée en blanc sur fond noir.
Il réduit l’œuvre à une enquête sur sa propre nature et nous interroge sur nos attentes d’une œuvre d’art : est ce qu’une œuvre à besoin de la biographie (heureuse ou malheureuse) de l’artiste pour exister ?
Bien que le « blow up » soit très proche du tableau, le spectateur qui y est confronté est privé de toute représentation iconographique ;
de même les termes qui lui sont proposés ne suscitent chez lui aucune interprétation touchant à des objets finis.
Aucun autre sens ne pouvant lui être attribué que la définition exposée, il est invité à rester au plus près de la réalité de ce qui est proposé et à analyser ce qui relient ou séparent la réalité et son concept.
Avec ces propositions nous avons affaire à un art dont la validité dépend seulement des définitions qu’il contient, Kosuth se défend d’intervenir en tant que sujet dans la communication qu’il a avec le spectateur et refoule toute subjectivité pour instaurer l’idée de la neutralité - de l’objectivité.
Il enlève ainsi, à l’objet artistique toute connotation qui aurait pu renvoyer à l’histoire du sujet artiste ou à une quelconque autre histoire ; il cherche à démontrer que la fonction inhérente à l’art est de rester essentiellement pertinent par rapport à lui-même.

...

Néon

Prétendant que l’objet n’est rien d’autre que ce qu’il est, ni signification extérieur, ni support d’une subjectivité, il donne à voir des « propositions artistiques » dont les titres exposent objectivement ce que sont les objets.
Par exemple, avec five Words In Orange Neon. Ce travail expose cinq mots qui invitent les spectateurs à ne pas regarder autre chose que ce qu’ils voient. Il réduit l’œuvre à une enquête sur sa nature propre, tout en écartant la notion de beau.

Le but de son travail est de « produire du sens », même s’il faut pour cela bannir l’aspect esthétique de l’œuvre.
Se basant sur une tautologie : « L’art est la définition de l’art », il affirme que l’art est langage, que l’art relève du domaine des idées, qu’il n’a rien à voir avec l’esthétique ou le goût. Il parle de « propositions artistiques » plutôt que d’« œuvres ».
Pour lui, « Une œuvre d’art est une présentation de l’intention de l’artiste : si celui-ci déclare que cette œuvre d’art-ci est de l’art, cela signifie que c’est une définition de l’art ».

...

En 1991, il a réalisé pour la ville de figeac une sculpture commémorative de Champollion, Ex Libris, dite La Place des écritures, dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance du « père de l’égyptologie » :
Il s’agit de l’agrandissement au sol de la pierre de Rosette de 14 x 7 m, qui se déroule ainsi dans l’espace public et sur laquelle on peut marcher.
Cette pièce demande également à être contemplée depuis le jardin suspendu qui domine la place. La traduction en français des inscriptions est gravée sur une plaque de verre.


ESAAix - Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr