Étudiants - Archives des années précédentes - 2008/09 - 1° année (2008/09) - MÉMOIRES - FERAUD Lou -

Atelier volume

Dessins d’aveugle

Lorsque nous sommes arrivés pour faire cet atelier, nous avons découverts 25 grands sachets plastiques noir. Evidemment il fallait plonger la main dedans sans en voir le contenu... après avoir fait avouer aux professeurs qu’il n’y avait pas d’araignées à l’intérieur, j’ai commencé l’exercice sérieusement. Au départ trop sérieusement, j’essayait de redessiner fidèlement ce que je sentait, le professeur m’a alors dit de plus ressentir la matière plutôt que d’essayer de trouver ce qu’était l’objet. J’ai donc changé de méthode en prenant un médium et un style de dessin différent pour chaque matière que je sentait ( ex. le métal était dessiné au bic avec un trait violent)

Accrochage de mes dessins

Pourquoi exposer des objets, si bien cachés ? Pour garder un fil conducteur avec l’exercice précédent, j’ai choisi de répartir mes dessins dans l’espace de l’Aquarium (atelier des première années) en les cachants dans des endroits incongrus.

Mes dessins sont entourés de rouge

Sculptures des sentiments

Après le dessin nous sommes passé à la sculpture, je m’attendai à tout sauf à avoir à sculpter des sentiments, les yeux fermés en plus. Le fait de fermer les yeux me plaisait, je l’ai donc fait jusqu’au bout, par contre pour mes sentiments, à chaque fois j’avais une idée précise de ce que je voulais faire en tête, donnant des sculptures beaucoup trop figuratives. J’ai donc repris l’exercice à zéro en associant une action à un sentiment ( ex. Découper la fragilité). mes sculpture étaient plus justes.

Découper la fragilité- Plier la fragilité- Tristesse

Disposition de mes sculptures

Puisque l’on parle de sentiments, de mes sentiments, j’ai choisi de faire ressortir ma personnalité dans cet exercice. Je suis une personne assez transparente au niveau de mes sentiments, je les contrôles difficilement, voire pas du tout, ils s’étalent à la vue de tout le monde. J’ai donc placé mes sculptures à même le sol au milieu de la pièce sans soucis d’esthétique. J’ai beaucoup aimé le fait que cela gène les personnes, qu’ils soient souvent à la limite de marcher dessus, pourtant personne ne les ont écrasées malgré le fait quelles soient petites et discrètes.

Au milieu en carré

Agrandissement de ma tristesse

Petite anecdote pour cet exercice : ma tristesse étant faite d’empilement de petits boudins, ceux-ci ont séché pendant la semaine où je l’ai laissée dans son sachet plastique protecteur. Lorsque j’ai voulu la montrer à mes professeurs elle s’est totalement effondrée, ils m’ont dit de rattraper sa... la galère a alors commencé, je n’arrivait pas à rattraper mon travail, s’était à mon tour de m’effondrer. Et puis finalement j’ai arrêté de m’acharner, et j’ai laissé ma sculpture comme elle était en me disant qu’elle reflétait vraiment bien la tristesse !

Actions sur la terre

Destruction des sculptures pour reformer un pain de terre, sur lequel nous allions faire des actions puis les dessiner. J’ai choisi de dessiner la vie de ce pain de terre que je coupe en 2 créant un nouveau pain de terre qui commence à son tour une nouvelle vie etc jusqu’a obtenir une vingtaine de petits pains de terre dont les vies se rencontrent et se séparent, et qui, à la fin de leur vie, se regroupent pour reformer deux sculptures.
Les actions sont représentées par des petits dessin dont je me suis rendue compte en présentant mon travail que moi seul pouvait comprendre !

Exposition de mes actions

mon dessin final m’a fait penser à une sorte de plateau de jeu de société. Je l’ai donc poussé jusqu’au bout en créant le plateau, un départ et une arrivée. A l’arrivée on gagnait une des deux sculptures exposée devant le plateau.

Jeu labirynthe

Performance

Pour ma performance j’avais envie de faire un lien avec la danse, danser avec la terre. Au départ j’avais donc pensé à créer des chaussons pendant la performance puis à essayer de faire des pointes avec. J’ai tout de même fait un essai avant la performance et il s’est révélé que c’était une tache très longue donnant un résultat peu interressant. Danser sur la terre a été ma seconde idée, a l’essai c’était très dur, je n’arrivait pas à tenir l’équilibre, et la réalisation de mouvements était impossible. mais cet essai et un autre moment m’ont donné l’idée définitive de ma performance. Alors que je parlais avec mon professeur de mon idée de danser avec ou sur la terre, je lui expliquai mon parcours dansé et pourquoi je voulais le lier avec mon travail à l’école. Lorsque je lui ai dit que je pratique la danse classique et que j’ésitai à me « déguiser en danseuse », il m’a dit avec des yeux pétillants « Tu met les pointes, tu as un tutu ?! ».
Je voulais jouer avec cette image mystique de la danseuse classique. Voici donc le plan de ma performance.

Première Partie

Les performances s’enchaînaient pendant une journée entière, et je ne voulait pas que ma performance commence quand les professeurs me le disait. Dès que la performance me précédant s’est finie j’ai placé discrètement mon « dancefloor » en terre à l’avant de l’espace, une chaise avec mes pointes posées soigneusement en vue à l’arrière de l’espace, je me suis mise en tenue, et j’ai commencé mon échauffement alors que les professeurs parlaient encore. Petit à petit je commençai à intriguer la « foule », les professeurs me demandaient si ma performance avait commencé, je ne répondait pas, j’attendais d’avoir capté l’atention de tout le monde.

Deuxième partie

Tout le monde s’est tu, j’ai commencé à dansé, derrière la terre, pendant un petit moment.

Troisième Partie

J’arrête de danser et me dirige vers la chaise, je prend le temps de mettre mes pointes, je fait quelques pas.

Quatrième Partie

Je m’élance vers la terre, je saute le plus haut possible.

Cinquième Partie

Je tombe violemment au sol, récupère ma chaise et sors de la « scène »

Le but de ma performance était de faire languir le public, pour finalement les laisser dans le questionnement.
Cela a marché car à la fin pendant 10 secondes personnes n’osait parler, on chuchotai, jusqu’a ce que je revienne avec le sourire.
La frustration a également pleinement fonctionné car les professeurs m’ont reproché d’avoir trop dansé au sol et pas assez avec la terre.

Empreinte

Conclusion

Cet atelier sur plusieurs semaines à été très intéressant, avec de nombreuses découvertes. La tâche difficile à réaliser a été d’essayer de garder un fil conducteur entre les travaux. Grâce à cet atelier j’ai pu aller à la rencontre de mes sentiments de plusieurs manière, dans un premier temps avec les sculptures puis avec la performance, une des rares fois de l’année où j’ai pu montrer une importante partie de ma personnalité.


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