Étudiants - Archives des années précédentes - 2007/08 - 1° année (2007/8) - MÉMOIRES - PARODI Maxime - 01.Stage initial à Digne-les-Bains -

Digne une ville...surprenante

Qui l’eut cru ?

Jour 1

matin : Comme beaucoup, la journée a commencé par une prolongation de ma nuit (et oui, je suis pas du matin...) pour me réveiller devant une décoration d’un rond point de Digne-les-Bains qui m’a donné envie de fermer mes yeux à tout jamais (des roses géantes en plastoc que même le plus mauvais goût ne peut tolérer). Ca commençait bien... Cela me donnait un très mauvais a priori de cette ville (oui je sais, il m’en faut peu...bonjour l’ouverture d’esprit). mais tout ceci n’est que divagation et sans grand intêret alors pourquoi l’ai-je écrit ?
Parce que, pour le coup, je préfère oublier les règles du mémoire et utiliser la facilité du récit à la première personne tel un journal intime (si cela est vraiment hors-sujet je modifierai)
En effet, je pense que ce stage représente un évènement particulier et qui dit évènement particulier dit « je fais comme bon me semble »

Bref, après un problème de « mixité » les portes du gîte « rural » (oui je sais je parle de Digne, rural s’applique à la ville en elle-même) me sont fermées mais avec le recul ça n’a pas été plus mal.

L’après-midi : Nous avons visité le musée Gassendi ; musée réellement intéressant mettant en relation les Arts et la Science.
Quatre artistes ont particulièrement retenu mon attention :

- Andy Goldsworthy, qui en temps normal réalise ses sculptures en extérieur, a fait exception pour le musée Gassendi. Ainsi son « mur d’argile » est conservé dans le musée. Exception indiquée sur sa page wikipédia. Quand je vous disais que Digne révèle des surprises...

- Hubert Duprat, pour son travail sur les larves : Duprat a pris des larves qui ont pour particularité de se construire un « cocon » protecteur en s’appropriant des matériaux dans leur environnement afin de les mettre aux contacts de matériaux précieux : pierres précieuses, perles... Ainsi, les larves font de leur « cocon » une pièce d’orfèvrerie.

Enfin, cette oeuvre n’était pas au musée, donc je triche un peu mais c’est au musée que j’ai découvert cet artiste donc je le mentionne quand même.
L’oeuvre présente était celle-ci :

Cinq tubes contenant des hématites (des pierres provenant du Brésil)
Sur cette oeuvre, Hubert DUPRAT s’interroge sur l’artificiel et le naturel, le noble et le commun, le travail artistique et le travail artisanal, le baroque et le classissisme...

- Herman De Vries, pour son idée de collecte, de recensement de la variété par le biais d’un herbier mais surtout pour une de ses oeuvres « Champ de mots » où il construit un paysage à partir des noms des plantes de sa connaisance.

- Joan Fontcuberta, qui m’a réellement fasciné, qui a réussit à me donner envie de croire en un mythe : celui des sirènes. Son travail pousse à se questionner sur la photographie et le réel, sur la vérité qu’elle soit photographique, historique, fictionnelle et bien sûr sur la nature.
Il parvient ainsi à donner l’illusion du réel, à rendre véridique le mythe des sirènes.

Ainsi, il organise la découverte d’un fossile de sirène, crée tout une histoire autour de cette découverte (créant du même coup un nouveau mythe d’un prêtre « muselé » par l’église...) allant jusqu’à publier un article scientifique qui crédibilise cette découverte en une classe zoologique propre. Ajouter à cela des traces d’os dans la roche (photos à l’appui), le point de vue naturel et le panneau explicatif du conseil régional et vous comprendrez que l’illusion est parfaite, que son oeuvre est indubitablement ancrée dans un réel indiscutable. Une supercherie parfaite en somme, c’est pas beau ?

Jour 2 :

matin : Visite du musée et de la demeure d’Alexandra David-Neel : les mots ne suffiraient pas à exprimer la fascination, l’émotion, la puissance de cette visite.

Alexandra David-Neel est une femme étonnante, marquante.

Je sais bien que l’on est censé tout rédiger, tout expliquer mais sa vie, ce qu’elle était ne se résume pas, une fois encore, je le répète, les mots ne sont pas suffisants... Si il y a bien une chose à ne pas rater à Digne c’est bien la maison d’Alexandra David-Neel

L’après-midi : Première excursion sur le site, au bord de la Bléone, la rivière qui passe à Digne ; Jean-Paul, notre coordinateur, nous fait réaliser un exercice en duo ayant pour but de nous sensibiliser à notre environnement. L’exercice consistait à fermer les yeux, à se relâcher, se laissant totalement mouvoir par notre partenaire. Cet exercice permettait de découvrir le lieu sous un autre angle, celui des sensations.
Ce qui en a résulté était une sensation de disparition, d’intégration au milieu dans lequel je me trouvais (en l’occurence du sable). J’ai donc travaillé dans un premier temps sur la notion de disparition de mon être, de l’absorbtion de mon être dans la nature. S’effacer pour mieux s’intégrer...



mais, ce n’est pas tant ma disparition en elle-même qui m’intéressait, mais les traces de ma présence que je pourrais éventuellement laisser derrière moi comme mon ombre, des traces de pas révélant ma présence, la trace de mes lunettes etc...
Et dès lors, ces traces feraient office de fossiles, de preuve de mon existence.



Je me suis également aperçu que certains empreintes (de chaussures notamment) pouvaient renvoyer à des sortes de dessins primitifs. On peut imaginer que ces empreintes signifient quelque chose, qu’elles expriment un langage selon la manière dont elles sont disposées.


Le soir-même, Jean-Paul nous a fait visionner un documentaire sur Bruly Bouabré dont le travail rejoignait l’idée que j’avais eue durant l’après-midi donc je l’ai abandonnée : mon idée ne tenait pas la comparaison et surtout la convergence entre le visionnage du documentaire et mon idée était trop proche, ça aurait fait trop louche...

Jour 3 :

matin : Il pleut, il fait pas chaud, je suis fatigué, j’ai décidé de tirer la tronche du moins jusqu’à ce que je me réveille pour de bon...
Les conditions climatiques influent beaucoup sur mon humeur (qui a dit lunatique ?!)
Bref, ça n’allait pas être ma journée... Ajoutez à ça une visite au musée Géologique de Digne-les-Bains où j’avais ou un train d’avance ou de retard : que du bonheur ! Cela restait, heureusement, très intéressant.
Bon, avec le recul c’était sympathique mais j’essaye de retranscrire ce que mes notes de l’instant laissent transparaître...

Après-midi : Retour sur le site. Je commence mon diaporama de « Pierre la pierre » dont voici la photo « Casting »

Ce diaporama était à la base constitué de 17 photos mais après un petit incident se retrouve à 7 images mais cette mésaventure sera contée dans l’article spécifique « Diaporama » ( comme quoi même mon appareil photo veut se joindre à cette expérience de disparition : pouf ! plus de photos !)

Jour 4 :

Toute la journée se déroule à la rivière aujourd’hui, je finis mon diaporama puis commence un projet commun avec Angélique, Angie pour les intimes, GATTO. Ce projet est la continuation de celui de la journée de mardi : la disparition.

Ainsi, en partant du principe que la nature n’aime pas le vide, tout le travail résidait dans l’observation d’un phénomène de disparition, voir comment la nature comble les vides, comment elle les intègre.
Ainsi, quand on lance une pierre dans de la boue celle-ci disparaît laissant une trace derrière elle (tout comme je pouvais laisser des traces de moi -voir mardi-)


ou plus fort encore devient une sculpture en soit.



Par la suite, cette observation de l’intégration s’est muée en une simple démarche esthétique.





Il y a encore beaucoup de photos mais cela ferait, à force, trop redondant de toutes les poster donc...

Jour 5

Dernier jour.

Après une nuit qui restera classée dans le « Very very secret dossier » des premières années 2007-2008, le réveil a été laborieux mais stage initial oblige... Retour sur le site de la rivière afin de finaliser les différentes pistes, faire quelques croquis -qui ne méritent décidemment pas d’être montrés-
Un dernier café à Digne et retour sur Aix.

Ce stage a été assez difficile (mon côté associal a dût s’y faire : 24h sur 24 avec d’abord des inconnus puis des « potes » et ce durant 5 jours... c’est pas toujours évident...), la liberté d’action a été aussi très déroutante, la mise au travail a été très hardue (et oui, je réclame toujours plus de liberté de mouvement, de temps etc... et quand j’en ai, je me plains : qui a dit que j’étais un chieur ?)
J’ai énormément râlé, traîné les pieds, donner l’impression que tout -ou presque- « m’ennuyait » (pour ne pas utiliser mon expression habituelle...) mais tout ceci était plus pour le « personnage » qu’autre chose, plus pour la forme que pour le fond... Et oui, « s’effacer pour mieux s’intégrer » n’est pas qu’un projet photo.

En définitive, ce stage a été très enrichissant autant au point de vue relationel qu’au point de vue du travail, bien que, comme d’habitude, je me sois un peu laissé « porté par le vent », gros défaut auquel il faudra que je remédie !!



ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr