Étudiants - Archives des années précédentes - 2007/08 - 1° année (2007/8) - MÉMOIRES - REBUFFAT Morgane* - <02>Mémoire -

Entre deux...

  • Ateliers 2D (Antoine Bollassina) et Son (Rémi Coupille) (17.10.07)

2D : premiers contacts avec nos images, trier, classer, garder, supprimer, ordonner.
Puis retravailler : les formats, les cadrages, le reste (balance des couleurs, luminosité, etc...), si on trouve que ça donnera plus de sens à nos images...

son : écoute de nos prises de son de Digne.
Premières appréhensions des formats : AIFF, WAV, mP3, BWF...
Ecoute : Brian Eno « Another Day on Earth », « Before and After Science »...
Logiciel : Pro Tools.
Ecoute d’une dramatique (fiction sonore). Ou comment le son peut porter du sens, et raconter des choses... magique !
Ecoute d’un montage sonore de Rémi. Ou comment le son peut être amplifié, modifié, transformé, mis en relation avec, toujours pour créer des ambiances et donner du sens...


  • Ateliers Web (Josué Rauscher) et Photo (Carlos Casteleira et Gregory Pignot).. (18.10.07)

Josué Rauscher :
Historique de l’internet et des sites, logiciels, applications libres d’accès, libres d’échange.
Vraie révolution dans ces « solutions alternatives à la diffusion de l’information ». (Cf. Rezo ; Wikipédia ; Spip ; etc...)

Grégory Pignot :
Plongée dans l’univers de l’informatique, de la diffusion d’images et de son, notions d’aléatoire, de hasard.
Donner des instructions à l’ordinateur pour qu’il puisse diffuser « au hasard » en suivant les codes donnés...
Grosse découverte sur ce monde que je connais en fait si peu, et dont les possibilités me semblant déjà très diverses m’apparaissent alors comme infinies !!!



Carlos Casteleira :
Labo photo : développement.
Carlos s’agite dans le noir. J’essaie d’identifier ses gestes, de repérer les étapes qu’il nous a expliquées, par le bruit.
Tiens, là, il ouvre la pellicule -clac-plic- ensuite, il enroule le film -tchacatchacatchacatchac- puis l’arrache de l’axe de la pellicule -chrrick-plink- et laisse ce dernier tomber par terre.
Série de gestes répétés, enregistrés, organisés, identifiés...


  • Initiation à l’interface du système de publication Internet... (19.10.07)

IISPI : Prise de contact avec les machines, l’interface internet interne pour s’ouvrir au monde !!!!

Photo, image numérique :
Série « Contacts » (ARTE Video).
Lewis Baltz, Thomas Ruff, Sophie calle, Nan Goldin.
« Celui qui n’apprend pas à déchiffrer la photographie sera l’analphabète du futur » -Walter Benjamin-

Travail sur image+son+rythme de diffusion des images+différents modes de transition... Y ajouter la diffusion de manière hasardeuse, aléatoire ouvre à une multitude de possibilités.
Importance du format selon les circonstances et le propos. (ex. : format carré en opposition au rectangle de l’écran)
Vient la question du propos du photographe par rapport à la diffusion de ses images.

Y aurait-il un intérêt à ne pas présenter mes photos sur l’évolution du groupe dans l’espace dans l’ordre ?...


  • Un brin d’herbe sur le museau d’un tigre... (29.10.07) Journée performative (Jean-Paul Thibeau)

Pourquoi ce titre ?
d’après Jean Paul : poser un brin d’herbe sur le museau d’un tigre, équivaut à prendre des risques, effectuer une action risquée, qui nécessite calme, sang-froid et délicatesse...

Pusieurs exercices qui vont nous mener à une appréhension nouvelle de notre espace de travail : l’aquarium (déjà, le nom...).

°yeux bandés, marcher doucement, ne pas communiquer, continuer sa route en cas de « rencontres », appréhender l’espace en écoutant, touchant, ressentant l’énergie, les mouvements, le sol, ce qui nous entoure. S’asseoir par terre.
très dur pendant un instant de devoir rester les yeux fermés de force par ce fichu foulard !
différentes étapes, différentes sensations. Variations de lumière, zones pleines de chaleur du soleil, ou de fraicheur de l’ombre sur ma peau. Bruit des respirations très présent. Se repérer avec les sons. Présences passantes, fuyantes, silencieuses ou pouffantes. Contact inattendu, sursaut violent. Angoisse dans un recoin de l’atelier peu exploré par la vue, donc au repères plus flous, plus sombre...

°ouvrir les yeux très lentement, tête en arrière naissance ; laisser la lumière entrer dans les yeux, comme de l’eau (dixit J.P.).

°marcher en regardant le plafond
découverte de plein de petits détails : chevilles bleues, inscriptions sur le béton (bleu de méthylène ?)

°marcher en regardant le sol
suivre la lumière, les petits carreaux

°marcher en regardant à droite, à gauche, et en fixant les regards croisés
regards fuyants, fixants, riant, perdus au loin

°marcher plus vite, plus vite, courir
ne pas se percuter, rire, changer brusquement de direction, glisser, ouvrir les bras et sentir l’air créé par notre propre déplacement et celui des autres

°exercice à deux : soutenir l’autre (debout, yeux fermés, corps relâché) en le faisant basculer en arrière et s’appuyer sur nos mains placées entre les omoplates. Balancements.
peur de faire tomber l’autre, d’être trop brusque, les réactions aux impulsions données sont difficiles à modérer. Hideka semble mieux se débrouiller que moi !
Agréable de se laisser porter comme par des vagues. Confiance.

°sculpter le corps de l’autre, en mouvements.
Dur de trouver les points d’appui qui vont faire comprendre, réagir le corps (plier la jambe, avancer...). Encore une fois, Hideka a moins de mal ; exploration des mouvements.

°en groupe : trouver deux expressions du léger et du lourd.
Idée de l’atome, des connections, légères, fragiles, et du noyau, lourd.

Après les exercices d’appréhension de l’espace, travail avec les éléments ramenés :
-un objet de notre quotidien, manipulable : mon discman, avec son casque, et un CD de Batatinha « Toalha da Saudade » ;
-un objet lié à Digne : mon carnet ;
-deux vêtements, représentant un certain attachement, et manipulables : jupe Volcom , et pull marin ;
-un geste prélevé dans notre quotidien et reproductible : assise sur mon lit / attraper mes cheveux / les séparer / les tresser (bras en l’air) ;
-un geste lié à Digne : assise / m’accroupir / me lever / ajuster mon pantalon / m’accroupir / m’asseoir ;
-un texte lié au déplacement à Digne :
Digne(s) déplacements..
Camion-à-gyrophare, Volvo-de-Carlos, minibus-jaune-à-la-porte-qui-ferme-pas.
De jour, de nuit, au petit matin, à midi, sous les étoiles.
Gîte urbain, gîte rural, routes droites et sinueuses.
Ville, lotissements, pont, rivière, dalle aux ammonites, arbres, chevaux, chemin, portail, chemin.
Campagne, rivière, pont, rond point, pont, rond point, boulangerie, rond-point, rue, rond-point, église, police, rond-point, parking, platanes.
monter, descendre, se tasser, ouvrir, fermer, portes et coffres, entrer, sortir, remonter, démarrer, partir, stopper, arriver, repartir, retourner, y aller.
Regarder à travers les vitres ; écouter pour se situer.
Reconnaître, enregistrer, visualiser les chemins.
Ecarts (musée, courses, Douze Chênes) et car (départ, retour).

°prendre les objets dans nos mains, les manipuler, les soupeser, les caresser du bout des lèvres (rapport très sensuel avec mes objets...!) sentir leur goût, leur odeur.

°imaginer une partition, un enchainement de mouvements liant nos objets , et nos gestes.
-Petite partition de gestes-
assise sur la table / mettre le casque, l’ajuster / poser le discman / play / stop / play / volume / bouger au rythme de la musique / prendre mon carnet / le caresser / l’ouvrir / le feuilleter / le fermer / l’ouvrir / le fermer : le garder dans ma main / descendre de la table / danser / dérouler le fil du casque / tapoter le rythme sur le carnet / me rasseoir / attraper mes cheveux / les séparer / les tresser (bras en l’air) / m’accroupir / me lever / ajuster mon pantalon / m’accroupir / m’asseoir / m’accroupir / me lever / ajuster mon pantalon / m’accroupir / m’asseoir.

°manipuler les vêtements, y trouver les tensions, les plis, les blocages, ce qu’ils induisent, comment ils pourraient être détournés...
ma jupe devient une sorte de mini-robe décolletée, ou encore ce tissus serré sur la poitrine des filhas de santo lors des cérémonies de candomblé(photos : Pierre Fatumbi Verger -Retratos da Bahia-) ; mon pull se transforme en sorte de cagoule-à-trompe, l’ouverture destinée au cou me permettant là de glisser un oeil, puis devient foulard-de-star noué sur la tête, mais trop encombrant et lourd, et chaud, et électrisant les cheveux au lieu de les protéger du vent-provoqué-par-la-vitesse-d’un-cab’ !

°lire le texte en chercher à moduler la voix.
Trop dur pour moi, c’est le débit de parole et le puissance de la voix que je modulerai !

°créer une performance liant les gestes, les objets, le texte, les vêtements.
Associer gestes et objets est facile, ça se corse au moment d’y ajouter texte et vêtements !
Est-ce-que ce que je fais va avoir du sens pour ceux qui me regardent ???

-Partition finale-
-vêtements déjà enfilés, assise sur la table-
mettre le casque, l’ajuster / poser le discman / play / bouger au rythme de la musique / volume / attraper le carnet / l’ouvrir / le feuilleter / le fermer / le caresser en rythme / stop / ouvrir le carnet / chercher le texte / le lire / fermer le carnet / le poser / enlever le casque / enlever le foulard-pull / remettre le casque / play / bouger / attraper mes cheveux / les séparer / les tresser / m’accroupir / me lever / ajuster mon pantalon / m’accroupir / m’asseoir / défaire mes cheveux / les séparer / les tresser / m’accroupir / me lever / ajuster mon pantalon / m’accroupir / m’asseoir...


  • Installation, accrochage, mise en scène des prélèvements de couleurs de Digne (Don Jacques Ciccolini).. (30.10.07)

L’installation d’une oeuvre doit exprimer un parti pris.
Penser à la lecture de l’oeuvre, comment, par quels moyens la favoriser ?
Penser aux questions que peut induire un certain type d’installation.

Travail lié au « Petit récit coloré », texte racontant le stage initial à Digne à travers les couleurs perçues :
Rose fuschia des roses au bord de la route. Jaune doré des fruits d’un buisson. Gris doux et lisse du tronc d’un arbre. Bleu des fleurs en bacs municipaux. Ocre de l’argile. Rouge des murs, blanc éclatant des plumes. Touches colorées (roses, ocres) des crépits de maisons.
Ciel du soir mauve, violet, rose. Contours, liserais lumineux et colorés sur les nuages. Coucher de soleil sur montagne à contre-jour.

Ocres chauds des meubles. Pastels criards de la Thorma. mandala.
Bruissement des feuilles au vent. Rouge fuschia des tiges d’une plante rampante. Soleil chaud et doux sur ma peau. Herbe douce et boue sous mes pieds. Dégradés de gris secs des galets, humides de la boue.

montagnes dans la brume -bleus-.
Rouge, jaune, orangé, vert des feuilles. Vert mousseux, cascade.
Roches. Lumières diffuses et variables. Salle noire, amonites luisants. Bleu, jaune, orange pétant. Petits poissons exotiques. De la couleur, de la couleur !
Noir argileux. Pin vert.
Blanc rayé de rouge, gyrophare. Bois. Caddie, néons, couleurs synthétiques, rangées, alignées.
Vert doux des petites feuilles aggraphées.
Vin blanc !
Etoiles lumineuses dans le ciel. Voie Lactée.

Dégradés de lumière au long de la journée. Lumière dorée.
Transparence de l’eau qui coule. Galet noir mouillé et gris sec.
Noir de haine et cheveux teintés. Bleu ciel après la tempête.
minibus jaune dans la nuit. Jaune doré -gommé-. Néons, lumières urbaines.
Nuit dans la montagne, couleurs de la musique entrainante et de l’entrain à chanter.
Dents et vêtements blancs transformés en bleu turquoise par la lumière. Spots, néons, couleurs de boite de nuit dans les yeux.
Sommeil de plomb de trois heures.

Lumière jaune-lumineux qui éblouit les yeux. Bleu un peu passé des chansons de Simon & Gardfunkel. Pains au chocolat dans la chaleur du camion... quelle couleur ? ocre doré ?
Bleu du ciel, de mon T.shirt, de mes pensées.
Lumière crue et douce du matin.
Jardin, plein de vert, de végétaux. Herbes vertes, taboulé et carottes râpées.
Noir brun et chaud du café, dégradé sur le blanc de la crème.
Noix. Ocre jaune et brun.
Pas trop de couleurs, yeux, corps et esprit fatigués
Car. Grisouille de la nostalgie. Rose et bleu des pensées.

Couleurs récoltées sous forme de photographies, croquis, récolte d’éléments naturels (feuilles, terre, pierres), texte... manquent les « images » de certaines couleurs mentionnées dans le texte (couleurs de la boite de nuit...).
Créer un lien entre texte et images. Recherche d’une installation « ludique », « interactive » de par la manipulation du carnet (objet lié à Digne, et support du texte, des croquis, et de quelques prélèvements).
Photographies choisies « au hasard » dans la banque d’images faisant référence aux couleurs de Digne : des photos illustrant le texte, et d’autres qui s’y rajoutent, simples touches colorées participant à l’ambiance.
Petits formats, petites touches de couleur, en écho aux petites histoires du texte. Rapport à l’intime induit par la forme du support-texte (carnet, objet personnel et personnalisé).
Table.
Objet central : carnet et texte, autour duquel se déroulent les illustrations de couleurs. Parcours d’images en écho au parcours du texte.
La table permet d’être contournée, sa hauteur permet de voir globalement, et oblige à se pencher pour mieux lire et distinguer les images, croquis... Le spectateur est invité à plonger dans le texte et les images.
Images disposées « chronologiquement » autour de la table (pousse à en faire le tour). Numérotées, pour donner un sens à le lecture, et pour permettre de passer du texte, aux photos, aux autres références colorées présentes dans le carnet. Les chiffres sont un système de clasement classique, mais néanmoins efficace. J’aurais pu en utiliser un autre, mais ne vois pas lequel servirait mieux le propos.

Cette présentation, sous forme de « classification », un peu antique, classique me fait penser à un vieux musée auquel viendrait se greffer une démarche contemporaine (ex. : musée Gassendi).
Je pense à un relevé archéologique, policier, ethnologique, ou géologique, botanique... SCIENTIfiQUE (!!!)
Induit la classification, l’organisation de divers éléments au service d’un certain propos.



ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr