Étudiants - Archives des années précédentes - 2009/10 - 1° année (2009/10) - MÉMOIRES - DALES Marjory -

Le dessin en aveugle.

Encore un nouveau défis en dessin...Faisant suite au dessin sans crayon arrive le dessin en aveugle. même principe, contraintes différentes. Séance test avant de se lancer...

Quelques photos de la « séance test » :

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mes expérimentations furent nombreuses et bien souvent infructueuses. J’ai eu plus de mal que pour le dessin sans crayon car je n’arrivais pas à trouver réellement ce que je voulais dire. J’ai eu beaucoup de mal à me familiariser avec le sujet, pour lui donner un sens personnel. mes recherches ont donc souvent abouties à des échecs mais m’ont finalement indiquées, sans que je m’en aperçoive, ce qui m’intéressait.

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Carte mentale d’une musique
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Carte mentale d’une musique
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Carte mentale d’une musique
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Carte mentale d’une musique
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Voyant, non Voyant
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Voyant, non Voyant
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Voyant, non Voyant

Fervente amatrice des tests de Rorschach et ses tâches énigmatiques, totalement hypnotiques et à l’instinct, au laisser allé, dont nous pouvons faire preuve, j’ai compris que ce qui m’intéressait, c’était l’inconscient, la notion d’accident, tout ce qui fait que dans chacune de nos œuvres, il y a toujours une part, aussi infime soit elle, d’inconscient. Une part que nous n’avions pas prévue, et qui s’invite d’elle même, sans que nous n’ayons à bouger la main d’une certaine manière pour la faire naître. L’expression de l’inconscient par le corps m’a toujours fascinée. Nous pouvions créer des choses sans même les voir, sans même les sentir. Aveuglés par notre propre conscience.

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Cette réflexion m’a menée à une pensée sur les hommes, leur apparence, et leur rapport à l’inconscient.
Le test de rorschach se présente sous la forme d’une série de planche (10 au total) sur lesquelles sont imprimées des taches symétriques. Leur lecture aveugle (intuitive) permettrait de déterminer l’état psychologique d’une personne, il rendrait possible, entre autre, la détection des cas de schizophrénie.
La lecture de ces tâches serait alors un moyen simple de mettre en lumière les différents traumatismes d’un individu. Les traces laissées par son passé ressortiraient par le biais de son interprétation. En quelque sorte, le test de rorschach fait tomber les masques et dévoile des visages qui sont bien souvent plus meurtris qu’il n’y paraît.

Ce projet de dessin en aveugle me permet alors d’exprimer cette notion de cicatrices enfouies, de refoulements et de « cassure » interne. Les hommes, au cours de leur vie, traversent des épreuves et n’en ressortent pas indemnes, pourtant, les visages que nous croisons dans la rue n’ont, bien souvent, rien d’alarmant. Normaux, figés, éternellement artificiels. mais que deviendrait le monde, au fond, si les tâches qui marquent notre âme, étaient portées par notre visage ?

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premières recherches :

Enfin, je me suis tournée vers le « sujet » en lui même : dessin en aveugle. Une association de deux notions bien troubles. Faut il forcément non voyant pour être aveugles ? Certains humains le sont alors qu’ils n’ont même pas besoin de lunettes. Un dessin, qu’est ce qu’un dessin ? Un paysage ? Un portrait ? Des formes ?
En tant qu’étudiante en première année, je me suis cognée à un problème de représentation, dès le moment de la post production, lorsqu’il a fallu faire une cartographie de notre ballade avec les lunettes floues. mon premier travail, jugé trop figuratif (il l’était) me mena à expérimenter l’abstrait, l’utilisation des codes couleurs et des formes, afin de communiquer des sentiments. L’une des questions posées par marine m’avait franchement déstabilisée « comment dessiner un arbre sans être conventionnel ? » Autrement dit, comment dessiner un arbre sans faire un vulgaire tronc hérissé de branches et de belles feuilles. Comment se détacher de cette nature visuelle ? Instinctivement, je me suis tournée vers l’écriture. En commençant par décrire des scènes, je me suis rendue compte que le dessin n’avait pas forcément besoin d’être réalisé sur du papier. Une description, lue à haute voix, et déjà un dessin dans la mesure où nous imaginons le tableau nous même. L’union du texte et de l’image.

C’est au cours de ces réflexions que j’ai abouti à mon projet principal pour ce thème du dessin à l’aveugle. D’un côté, 24 descriptions écrites de paysage, portrait, scènes de la vie quotidienne. De l’autre, un mur rempli de feuilles au format A4 sur lesquelles s’impriment des séries de points. Une sorte de cryptage qui peut paraître bien étrange : du braille. Aux allures de matrices, ce projet inversent les rôles du voyant / non voyant. Ces textes en braille sont simplement les traductions des descriptions écrites. Cela montre qu’un paysage montagnard n’est pas forcément une montagne, une plaine et des moutons, il peut aussi bien être une série de points noirs et blanc, organisés selon un ordre bien précis. La capacité graphique et la dimension poétique de cette écriture en braille m’a toujours interpellée, et ici, c’était l’occasion de la mettre en scène.

Union du texte et du dessin, remise en question de la représentation des choses, voilà les préoccupations principale de ce projet. Pour la petite anecdote, les feuilles noires représentent la traduction du mot « Aveugle » en braille...

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Premier des 23 paysages
Un vieux pins surplombe la calanque provençale. Ses racines défraîchies débordent de la roche et la dévale en serpentant. Ses aiguilles verdoyantes défient le bleu du ciel et de la mer. Son odeur combat celle des vagues qui font vibrer la falaise. L’écume iodée frissonne dans l’air tandis que sur l’écorce centenaire du résineux, grésille un animal étrange, aux ailes de cristal.
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Deuxième des 23 paysages
Une fillette joue. Son ballon rouge flotte dans les airs, se balançant frénétiquement, en accord avec les mouvements précipités de l’enfant. A ses côtés, un carrousel tourne follement, emportant avec lui d’autres enfants. Ils sourient tandis que les chevaux de bois s’envolent et mélangent leurs couleurs, sous le regard presque inquiet des parents. Bientôt, une femme s’approche de la fillette au ballon, et lui prend la main.
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Troisième des 23 paysages
Le vent fait voler une feuille de papier blanc. Puis une autre, et encore une autre. La tempête vide peu à peu la valise abandonnée sur le trottoir. Les pages sont mouchetées de noir. Leurs lignes fines et délicates suivent les courbes de l’air. Les mesures s’envolent, emportant avec elles les croches et les blanches. Une délicate symphonie se joue, tandis que la partition, éternelle ingénue, s’envole au loin, vers d’autres horizons.

ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr