Étudiants - Archives des années précédentes - 2007/08 - 1° année (2007/8) - MÉMOIRES - REBUFFAT Morgane* - <02>Mémoire -

Stage initia(l)tique ! -Digne-

  • Digne, si c’était... (12.10.07)

... une découverte : Herman De Vries.
... un bruit : le clapotis de l’eau mêlé au vent dans les feuilles
... une personne : Alexandra David Néel (et peut-être Tortue !)
... un repas : les moules-frites de J(i)J(i) !!!
... une sensation : le soleil et le vent doux sur mon visage
... un souvenir : le ciel étoilé et la Voie Lactée
... une chanson : ... Simon & Gardfunkel
... une odeur : pain au chocolat chaud
... un délire : plutôt deux... Hideka qui s’exprime (« ah bon ?!! »), et Rémi qui fait des prises de son avec le chien du gîte !
... une boite de nuit : ... les Douze Chênes !!!
... une rencontre : avec moi-même, au sein d’un groupe (et quel groupe !!!)
... un sourire : le mien, à tout les gens avec qui j’ai vécu ces cinq jours !
... une phrase : « marche à l’étoile, même si elle est trop haute » A.D.N.


  • Comment raconter ??? (13.10.07)

mon carnet me suit partout depuis ce lundi 8 octobre 2007.
Il reçoit mes impressions, mes images, mes questions. Quel meilleur moyen que celui-là pour raconter tout ce qui m’a marquée ?
La spontaneité me semble importante. Je n’ai pas envie de récit remanié (quoique mes expériences de récits-mails-à-des-gens-différents étaient interessantes aussi). Peut-être montrer le tout, et parfois juste piocher des idées ?


  • Retour, et mots (tions)... (14.10.07)

..de l’ordre du rapport aux gens...
rencontres, liberté(s), ouverture, échanges, délires, fous rires, boire des coups, cuisiner pour 30, danser, évoluer dans un/des espace(s), évoluer dans un groupe, évoluer dans les relations...

...de l’ordre de..
mémoire, trace, souvenirs, pieds dans l’eau, dans la boue, dans les herbes, sur les galets, douceur de la boue, fraîcheur de l’air, douceur chaude du soleil sur ma peau, sur mon visage, bruissements des feuilles dans le vent, du vent dans les feuilles, clapotis de l’eau, traces de pieds, traces de textes dans la boue, lumière dorée (de) fin de journée...


  • Petite synthèse.. (16.10.07)

De retour de Digne...
mise à plat des quelques idées m’ayant traversé l’esprit durant le séjour.

    • les « strates » de la mémoire, ou comment différents souvenirs vont venir s’accumuler, se substituer les uns aux autres au fil des expériences liées à un même paysage, à une même route...
    • j’aime bien les couleurs, les formes, la beauté rêveuse des plantes.
      Rencontre avec Herman De Vries très importante.
    • l’évolution du groupe dans l’espace. mais aussi l’évolution de l’eau, de la lumière, du paysage...
      Comme une trace des gens dans un espace, dans un temps donné.
      Travail photographique. (voir « Projets photo » un peu plus bas...)
    • le mouvement de l’eau, qui efface, façonne, crée, détruit, modifie... comme ma main qui essaye par mille mouvements répetés de représenter cette eau qui coule...
    • des « récits d’expérience » qui varient en fonction des gens à qui on les offre.
      Récolte de mes récits de cette expérience (essentiellement sous forme de courriers électroniques).

  • Petit récit coloré/Digne.. (23.10.07)

Rose fuschia des roses au bord de la route. Jaune doré des fruits d’un buisson. Gris doux et lisse du tronc d’un arbre. Bleu des fleurs en bacs municipaux. Ocre de l’argile. Rouge des murs, blanc éclatant des plumes. Touches colorées (roses, ocres) des crépits de maisons.
Ciel du soir mauve, violet, rose. Contours, liserais lumineux et colorés sur les nuages. Coucher de soleil sur montagne à contre-jour.

Ocres chauds des meubles. Pastels criards de la Thorma. mandala.
Bruissement des feuilles au vent. Rouge fuschia des tiges d’une plante rampante. Soleil chaud et doux sur ma peau. Herbe douce et boue sous mes pieds. Dégradés de gris secs des galets, humides de la boue.

montagnes dans la brume -bleus-.
Rouge, jaune, orangé, vert des feuilles. Vert mousseux, cascade.
Roches. Lumières diffuses et variables. Salle noire, amonites luisants. Bleu, jaune, orange pétant. Petits poissons exotiques. De la couleur, de la couleur !
Noir argileux. Pin vert.
Blanc rayé de rouge, gyrophare. Bois. Caddie, néons, couleurs synthétiques, rangées, alignées.
Vert doux des petites feuilles aggraphées.
Vin blanc !
Etoiles lumineuses dans le ciel. Voie Lactée.

Dégradés de lumière au long de la journée. Lumière dorée.
Transparence de l’eau qui coule. Galet noir mouillé et gris sec.
Noir de haine et cheveux teintés. Bleu ciel après la tempête.
minibus jaune dans la nuit. Jaune doré -gommé-. Néons, lumières urbaines.
Nuit dans la montagne, couleurs de la musique entrainante et de l’entrain à chanter.
Dents et vêtements blancs transformés en bleu turquoise par la lumière. Spots, néons, couleurs de boite de nuit dans les yeux.
Sommeil de plomb de trois heures.

Lumière jaune-lumineux qui éblouit les yeux. Bleu un peu passé des chansons de Simon & Gardfunkel. Pains au chocolat dans la chaleur du camion... quelle couleur ? ocre doré ?
Bleu du ciel, de mon T.shirt, de mes pensées.
Lumière crue et douce du matin.
Jardin, plein de vert, de végétaux. Herbes vertes, taboulé et carottes râpées.
Noir brun et chaud du café, dégradé sur le blanc de la crème.
Noix. Ocre jaune et brun.
Pas trop de couleurs, yeux, corps et esprit fatigués
Car. Grisouille de la nostalgie. Rose et bleu des pensées.


  • Digne(s) déplacements.. (28.10.07)

Camion-à-gyrophare, Volvo-de-Carlos, minibus-jaune-à-la-porte-qui-ferme-pas.
De jour, de nuit, au petit matin, à midi, sous les étoiles.
Gîte urbain, gîte rural, routes droites et sinueuses.
Ville, lotissements, pont, rivière, dalle aux ammonites, arbres, chevaux, chemin, portail, chemin.
Campagne, rivière, pont, rond point, pont, rond point, boulangerie, rond-point, rue, rond-point, église, police, rond-point, parking, platanes.
monter, descendre, se tasser, ouvrir, fermer, portes et coffres, entrer, sortir, remonter, démarrer, partir, stopper, arriver, repartir, retourner, y aller.
Regarder à travers les vitres ; écouter pour se situer.
Reconnaître, enregistrer, visualiser les chemins.
Ecarts (musée, courses, Douze Chênes) et car (départ, retour).


  • Projets photo
    Evolution du groupe dans l’espace.

Dès l’annonce du stage initial à Digne, j’ai eu envie de suivre l’histoire de notre groupe, l’évolution de nos rapports, l’investissement des espaces (la ville, le site, la réserve, les gîtes, ...) que nous allions occuper.

Par quel moyen rendre compte ?
J’opte pour la photographie, qui me permet déjà d’observer, d’analyser, de raconter des histoires, des anecdotes.
mais aussi pour le rôle de témoin qui lui a toujours été attaché. Témoin souvent subjectif, je l’accorde. mais où se trouve la limite entre subjectivité et objectivité ? Existe-t-il une histoire qui soit racontée (sous quelle manière que ce soit) de manière objective ?
Enfin, la question de l’objectivité se pose-t-elle vraiment dans mon approche du stage initial, puisque c’est une réflection sensible et personnelle de nos rapports à l’espace et au groupe que je souhaite aborder..?

Les premières images se sont faites d’elles-mêmes, peut-être de manière un peu trop simpliste, en suivant nos déplacements.
A travers ces déplacements, ce sont aussi les premières affinités que j’ai suivies, des groupes marchant ensembles, commençant à échanger. Enfin, différentes manières d’investir et d’appréhender les espaces.

Projet 1 :
Suite au premier après-midi passé près de la rivière, aux différents exercices d’appropriation et d’investissement de l’espace, et à l’observation des premiers contacts du groupe avec l’environnement m’est venue l’idée de garder une trace des déplacements du groupe dans cet espace.
Comment rendre compte de cette évolution ?
Le cadre fixe s’impose à moi, peut-être pour une question d’objectivité, mais aussi parce que servant la notion de témoignage, et permettant la compréhension chronologique de cette évolution, mieux que plusieur cadrages qui risqueraient de brouiller cette lecture.

La journée prévue sur le site représente un cycle me convenant assez pour aborder le sujet : ni trop long afin que la lecture ne soit pas trop ennuyeuse ou répétitive, ni trop court, afin de prélever un échantillon assez conséquent et représentatif de nos déplacements dans cet espace.

Aborder nos déplacements dans cet espace (extérieur, large, ouvert de la rivière ; mais aussi intime et cloisonné du cadre de la photo) de manière quasi-scientifique au départ. Temps morcellé en tranches de 5 minutes. Une photo toutes les 5 mn afin de voir une évolution, ni trop rapide, ni trop longue aussi. Peu et beaucoup de choses se passent et changent en 5 mn.
mon rapport au temps et à la prise de vue vont rapidement changer.
Je suis libre de m’occuper comme je l’entend durant ces tranches de temps, et très contrainte à la fois : ne pas trop m’éloigner de mon « poste » (au risque de me payer une belle course sur les galets !), ne pas me laisser distraire, ne pas engager de conversation, ou alors en étant consciente que je devrais à un moment couper et fuir l’interlocuteur, ne pas m’engager dans une activité faisant passer plus rapidement le temps...

mon rapport aux déplacements vont également changer.
Je suis indiscutablement liée pour la journée au pied et à mon appareil photo, comme par un cordon ombilical qui resisterait à la distance, me rapellerait toujours vers l’appareil, vers mon observation.
Série d’allers et retours, répétition des mêmes gestes : y aller, descendre la petite pente de galets sans glisser sur le pied, ou dans l’eau, allumer l’appareil, prendre la photo, éteindre l’appareil, retourner là où j’étais...
Choix est fait d’illustrer ce rapport à l’appareil, ce nouveau déplacement, cette nouvelle occupation de l’espace induits par mon propre projet.
Je laisse tomber la prise de vue minutée, régulière, et passe à un mode aléatoire, choisis mes instants sans critères précis, répondant seulement à des impulsions, comme des appels de la photo.
Je décide aussi d’apparaitre, et de faire apparaitre mon propre mouvement sur l’image. Les gens du groupe passant par là sont invités à appuyer sur le déclencheur. Instant choisi de manière aléatoire en fonction de leur pasage à proximité, cadrage imposé, et liberté d’appuyer à n’importe quel moment...

Outre les déplacements du groupe dans l’espace, les prises de vue viennent comme témoins de l’évolution de l’espace lui-même : lumière, interventions des gens...

Se pose maintenant la question de la présentation des photographies, de leur mise en scène et de leur compréhension.

1° image-écran : diffusion des images à l’écran, ou par rétroprojection.
Projet en cours de conception avec l’aide du logiciel DeepInslide (Grégory Pignot - servovalve )

2° images imprimées : présentation des photographies « tirées » (tirage numérique), format à définir (9x13cm env.), assez petit pour garder l’intimité dégagée par les images, et forcer le spectateur à se placer en tant qu’observateur, ne pas lui imposer l’image gratuitement.
Possibilité de placer les images à hauteur de la prise de vue, ce qui induirait une implication physique du spectateur-observateur, l’intégrant encore plus dans la scène.

bande sonore : vient se greffer aux deux modes de présentation une bande sonore (qui peut être la même, seuls les moyens de diffusions différant de l’un à l’autre).
Elle permet de créer une ambiance, d’immerger le spectateur.
mise en contact avec le site (bruits d’eau, rivière) et avec le groupe (montage des trois mots sur le stage énoncés par chacun sur l’initiative de Rémi Coupille) ou l’observatrice (devinez..) à travers des mots exprimant son ressenti, ses sensations.

Sa diffusion peut se faire par casque (implique du matériel type Ipod, et une surveillance), qui immerge complètement le spectateur en le coupant de l’extérieur. La bande sonore peut aussi être diffusée dans le lieu d’exposition grâce à des enceintes, ce qui nécessite néanmoins une bonne acoustique, mais peut créer un autre type d’ambiance, un fond sonore peut-être plus proche de celui du site.

Évolution du projet...
1° montage sur DeepInSlide : la première version transmise par Greg ne contient que 99 images. Je suis donc obligée de supprimer... 43 photos de ma journée d’observation.
mais ça se révèle très interessant, car permettant de réfléchir sur l’importance de chaque photo. Importance aussi des moments de vide dans la représentation de l’évolution du groupe dans l’espace (certaines photos où on ne voit personne tendraient à être supprimées plus facilement que d’autres, alors qu’elles ont en fait beauoup d’importance dans l’appréhension des déplacements).

Voilà le montage terminé (avec une version de Deep In Slide pouvant contenir 200 images, je peux donc y faire apparaître mes 142 images, pour une perception « juste » du déroulement de la journée).
evolespace

2° Version « papier » : 142 photos, en 9x13 cm, mises bout à bout, ça fait... 18,46 m de long !

- est-ce qu’une longue bande de photographies au cadrage fixe ne lasserait pas le public ?

- en même temps, ça peut être une bonne représentation physique du déroulement d’une journée...

Projet 2 :
1°Retour du stage initial.
Tri et retouches des photos prises sur place.
mise en relation de plusieur photos afin de créer de petits récits photographiques.
Récits touchant aux rapports dans le groupe, mais aussi au rapport du groupe à l’environnement, aux visites et au travail.
Tentative de lier le sensoriel à ces récits en incluant en fond des éléments picturaux prélevés dans la banque d’images liée aux couleurs du séjour.








2°A partir de cette « banque d’images » liée aux expériences du stage, aux sensations, aux rencontres, aux découvertes, je décide de faire un autre diaporama lié à la mémoire de ces instants, où la diffusion sera aléatoire, dans une évocation des instants mémorisés qui réapparaissent sous forme de flash.
mémoire


ESAAix - École supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr