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Sur ma peinture

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Aleksandra CZUJA, atelier 2005

Actuellement le motif principal et le prétexte de mes recherches en peinture est le crâne animal, celui du cheval e et de la chèvre. Quand je suis arrivée dans le midi, j’ai été fascinée par le paysage. Je voyageais, visitais, j’ai goûté les spécialités, par exemple le fromage de chèvre. Le signe du crâne est pour moi inséparablement liée à ce paysage. Il correspond à la forme de l’olivier et du cep de vigne tordue comme la sculpture romane.

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sculpture romane, XII siècle

Pourquoi j’ai commencé le travail avec un motif ?

C’est le résultat de l’évolution de mon travail et du mûrissement en tant que peintre. Avant, j’étais fascinée par la surface, par sa structure picturale et la technique. Lentement, j’ai commencé à m’interroger sur la signification des signes, que j’utilise et de la relation entre eux. La présence permanente du « model » à fait que sa forme est devenue un prétexte. J’ai arrêté de le représenter et je l’ai exprimé. Ces sensations, je les retrouve dans l’expression de Jackson Pollock, l’ambiance de monique Frydman, le sentiment de la nature de Joan mitchell, la vitalité de Beatriz milhazes.

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A.CZUJA 2005,peinture 230x210cm

Je me trouve entre l’expression de Pollock et la poésie de Frydman. mes peintures ne sont ni abstraites, ni figuratives. On peut dire que c’est la simulation de l’un et de l’autre ; un motif caché ; visible et invisible. Construisent par sa répétition et accumulation par couches, où il se perd dans la structure de l’espace picturale, comme les champs inscris dans l’architecture des roches. Elles sont monumentales et absorbent de spectateur comme un labyrinthe. Il est de même dans l’architecture musulmane, où le motif décoratif par son répétition s’y inscrit et s’y perd, qu’on voit à Alhambra, Séville, Grenade, Palerme, Naples en est un très bon exemple. L’architecture limite le motif comme la surface sur laquelle je peint-le papier.

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architecture musulmane, Alhambra

L’art du vitrail a aussi une influence importante (ex.Chartre). Les couleurs traversées par la lumière, la structure des lignes qui serpentent sur la surface, comme sur mes peintures et mes dessins. mais ces dessins sont plus expressifs. La peinture pour moi est au-delà de la technique. C’est le voyage sur la surface et au-delà, le mystère. Je n’aime pas ce qui est évident. En parlant de ma peinture, je préfère utiliser les mots de vitrail, de superposition, l’infinité.

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vitrail Chartre

Je travaille au sol, superposant systématiquement les couches, comme dans la technique al fresco. Lentement je perds le signe au profit de l’ambiance du tableau. D’un autre côté je m’inspire de ce qu’on appelle l’art populaire : les motifs des tricots de ma mère et les traditionnels papiers découpés, que chaque enfant apprend chez nous déjà à la maternelle. Ce sont des éléments typiques de l’art décoratif traditionnel. Je les découpe et ensuite je les décalque sur la peinture. Souvent inspiré par un fragment de mon travail, je le develope sur un format plus petit. Ces derniers sont plus expressifs et par leur lisibilité des formes ressemblent aux motifs des tissus, aux échantillons dont l’on peut voir dans le magasin de textile. Tous ces éléments font que les tableaux deviennent une surface sans limites dans laquelle on peut s’immerger, tout simplement regarder et laisser le tableau s’exprimer par lui-même.

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tricôt de ma mère

Peindre pour moi c’est la même chose que d’écrire une autobiographie. Le tableau fini ou pas fait partie de ma mémoire. Je ne dis pas tout, mais je peins tout ce qui me concerne. Ce qui me fascine c’est la recherche du signe et la construction par lui de l’espace pictural.

Cette peinture est le résultat de la confrontation de deux univers : la culture polonaise, fortement enracinée dans les coutumes et française. La première explique qui je suis, la seconde du midi m’inspire.

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A.CZUJA 2005,dessin 160x210cm

Le crâne ne symbolise pas la mort, ni la peur de celle-ci, comme le suggère l’art roman. C’est la continuation, ce qui reste après nous sur la terre. En Pologne, la foi et la vie de tous les jours sont liées depuis des siècles. Depuis des siècles, l’église nous a soutenu aux moments difficile de notre histoire. Je suis catholique et il y a des valeurs pour moi primordiales et qui resteront inchangées. ma peinture evolura, changeant d’aspect, mais la signification des symboles restera. Je suis héritière de cette culture.

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A.CZUJA 2005, peinture 250x210 cm


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