Étudiants - Archives des années précédentes - 2007/08 - 1° année (2007/8) - MÉMOIRES - REBUFFAT Morgane* - <02>Mémoire -

Perception de la couleur #1

  • Sérigraphie (10/11.01.08 et 17/18.01.08)

Je travaille à partir d’un dessin fait à Digne, illustrant le mouvement de l’eau, qui passe et repasse toujours dans le même sens, mais jamais exactement de la même manière, comme le mouvement de la main, qui recrée ce passage, ce mouvement tout en construisant une forme.
Ce dessin a selon Jean-Paul un intérêt du point de vue des vibrations que l’on pourra créer en superposant les couleurs à partir d’une ou plusieurs formes.
Il me semblait personnellement plutôt anodin, et sans grand intérêt (séri)graphique, mais l’idée de vibrations me plaît bien, car elle pourra servir le sens originel de ce dessin (essayer de recréer l’idée de mouvement de l’eau).
Je modère donc mes ambitions et m’en remets au professionnel !

Première étape : photocopier l’original en l’agrandissant, et le reproduire sur calque (la photocopie directe sur calque n’étant pas possible, des éléments du carnet dans lequel se trouve le dessin venant l’altérer, et les traces de stylo bic n’étant pas assez opaques pour en faire un typon). Le dessin est reproduit avec quatre formes différentes et dissociées (sur quatre calques différents), qui superposées recréeront l’original. Chaque forme étant un typon, cela permettra aussi une éventuelle dissociation des couleurs.

Les typons prêts, passage à l’insolation, puis nettoyage de l’écran, qui sera fixé sur la table à sérigraphier après inspection et rebouchage à la gélate des zones laissant passer involontairement la couleur.

Les cales pour le papier sont posées.


Typon 1 : passage d’une trame de fond blanche sur certaines feuilles, qui ressortira lorsque seront passées les autres couleurs, et passage de cyan ou jaune sur d’autres feuilles.


Typon 2 : je joue avec du cyan sur la trame blanche (T1), un bleu argenté, outremer ou cobalt sur la trame cyan (T1), et fait un premier passage de cyan ou de magenta sur des feuilles vierges, pour le confronter à d’autres couleurs.


Typon 3 : je continue cette démarche, en passant du magenta sur le cyan (T2), ou inversement, et en rajoutant du jaune aux T1 et T2.


Typon 4 : plutôt utilisé seul, avec plusieurs passages (cyan, magenta, jaune) en créant plus ou moins de décalage antre les passages, et donc plus ou moins de vibration, ou plus ou moins de mélange des couleurs.

Ca semble un peu compliqué présenté de cette manière (mais c’est la réalité de ce qui se passe dans notre tête en travaillant !), donc résumons un peu :

J’ai obtenu quatre types d’images :
1/ les vibrations de bleu, construites avec deux à quatre typons, et uniquement du blanc, du cyan (basé* ou pas), de l’outremer, du cobalt ou du bleu argenté

2/ les vibrations de bleu et magenta, obtenues avec deux à trois typons (le plus intéressant étant deux typons -T1 et T2 ou T2 et T3- sur ce travail là) et du cyan (basé* ou pas), du cobalt ou du bleu argenté et du magenta.

3/ les vibrations de couleurs primaires obtenues avec trois typons et les couleurs primaires (cyan, magenta, jaune)

4/ d’autres vibrations de couleurs primaires, obtenues cette fois avec un seul typon (T4) et les passages successifs des trois couleurs. Certains passages « ratés » au niveau de l’uniformité de la couleur permettent de dévoiler une partie celle passée en dessous.

Un cinquième type d’image : les passes, divers essais faits sur le même papier (journal) apportent leur propre vibration, et deviennent un jeu en passant intéressant lorsqu’on passe toutes les couleurs utilisées pour chaque typon sur la même feuille.

Outre des résultats intéressants obtenus avec certains mélanges de couleurs, je reste un peu frustrée par ce travail, sur ce dessin en particulier, car il me semble qu’il n’ait été qu’un prétexte à l’appréhension de la couleur et de ses variations, sans autre sens. J’aurais bien sûr pu lui donner plus de sens en travaillant d’avantage sur ce jeu des couleurs.

*couleur basée : une couleur basée est une couleur pure qui va être mélangée à un taux plus ou moins important de ... afin de la rendre plus ou moins transparente.


  • Gravure -sur plexi- (24/25.01.08)

Oui, enfin, perception de la couleur... plutôt perception du trait et des valeurs (donc de la lumière...) !

Première appréhension de la gravure : sur plexi.
C’est une gravure en creux, où l’on dessine dans la plaque avec un stylet.
A l’encrage, l’encre ira dans les creux, et à la presse, elle retournera sur le papier.
Les gravures sont des inversements des originaux.

Je cherche d’abord à travailler sur le trait (oui, en gravure, ça paraît assez évident), envie d’un trait épuré et d’une image un peu « stylisée » et « fine ».
Envie aussi d’une image qui raconte une petite histoire, simple et poétique.
Je choisis un morceau d’un de mes dessins : des étourneaux en vol.

Je crée ensuite deux autres images différentes de la première dans leur traitement graphique mais avec cette idée commune de petit poème imagé et d’histoire d’oiseaux.

Elles pourront donc fonctionner indépendamment, ou ensembles.

L’encrage se révèle aussi physique que la gravure elle même et le passage sous presse !
Il faut chauffer la plaque et l’encre pour qu’elle pénètre plus facilement, frotter d’encre puis frotter pour enlever le surplus d’encre... mais au bout de quelques essais, les choix se font plus précis sur les parties à laisser plus ou moins encrées pour des rendus très différents.
Là aussi les différents types de papier, le fait qu’ils soient humidifiés ou non ouvre à plusieurs possibilités.

J’ai aussi dans l’idée de « mettre en couleurs » certaines de ces images.


  • Linogravure (31.01 et 01.02.08)

La linogravure trouve son intérêt dans le traitement de la « lumière », et dans le travail en « aplats ».
C’est une gravure d’épargne, dans le sens où on « épargne » le trait, en enlevant tout les blancs. Le principe étant le même que celui du tampon, il faut également penser le dessin et le texte s’il y en a « à l’envers »
Et c’est un vrai travail de la matière qui oblige à une certaine synthétisation du trait et du dessin en lui-même.
Jacques a dû m’inspirer en parlant de fables illustrées en linogravure... et je me suis lancée dans la conception d’une « petite » (pour faire plaisir à mes évaluateurs du premier semestre !) histoire en trois images. Synthétisation du discours et des images en elles-mêmes pour une compréhension simple et efficace.


recherches préliminaires et synthétisation du trait


travail de gravure + gouges et couteaux

Différents essais, avec différents papiers et différents encrages...


  • Cartonnages

Il nous est demandé de concevoir des cartonnages pour présenter nos divers travaux.
Ces cartonnages doivent être en rapport avec leur contenu.

Le cartonnage de sérigraphie sera une évocation de l’expérimentation à laquelle je me suis appliquée. J’utilise une passe sur papier journal pour la couverture, et intègre les originaux et les typons comme des intercalaires permettant de discerner le travail des différents motifs.


Je décide, pour la gravure sur plexi, de concevoir trois cartonnages :

  • Le premier se construit comme un tryptique avec la gravure la plus « représentative » du lot. Ayant tenté de faire fonctionner mes images par trois dans un certain nombre d’essais, il me semblait intéressant d’en faire une sorte de livre-objet, qui pourrait les mettre en valeur.
    Ces gravures étant de type japonisant, j’opte pour une couverture en satin turquoise (le turquoise est une couleur forte, mais qui se prête bien à ce genre d’objet, inhabituel et très présent), sur laquelle est repris (en sérigraphie) le motif d’une des gravures.
    Le livre-objet s’ouvrira en trois parties, ou pourra être posé à la verticale.


  • Le second cartonnage est également conçu pour les gravures fonctionnant par trois.
    Ce sont les images que j’ai tenté de mettre en couleurs (tentative peu fructueuse par ailleurs, m’ayant fait réaliser la difficulté de faire des choix colorés et formels, ainsi que la force de la couleur et sa capacité de détournement d’une image initialement conçue au trait en noir et blanc).
    Je compte garder une unité entre les trois cartonnages rassemblant le même type de gravures. Je garde donc le satin pour le côté japonisant, en utilisant cette fois du blanc, plus neutre, et avec à la fois un aspect plus « noble », ou plus sobre.
    La couleur est évoquée par le ruban coloré qui ferme le cartonnage.


  • Le troisième cartonnage est une forme de présentation de mon travail en gravure sur plexi.
    Il contient les gravures fonctionnant indépendamment, et se référant chacune à un travail de trait et de construction propres à chaque plaque de plexi.
    Il me semble important de présenter les plaques elles-mêmes, leur aspect et leur transparence étant pour moi des éléments importants que je vais chercher à mettre en valeur.
    C’est pourquoi je choisis de les intégrer par des fenêtres découpées dans le cartonnage même (toujours recouvert de satin blanc, pour les raisons citées auparavant, aspect japonisant et unité entre les trois cartonnages).
    Elles sont ainsi mises en valeur, et leur transparence permet de deviner le travail aboutit qui se trouve à l’intérieur du cartonnage.
    Ce choix permet aussi un agencement des trois images, qui fonctionnent ensemble, mais aussi en tant qu’unités, étant chacune rangée dans une partie indépendante, et rattachée à son original.


Le cartonnage de la linogravure est conçu comme un livre pour enfant, dans le sens où il évoque l’histoire simple et enfantine qui se trouve à l’intérieur.
J’ai pris le parti d’aller complètement dans ce sens en le couvrant d’un tissus évoquant du poil de renard (je rappelle que l’histoire est celle d’un renard et d’une poule). Doux, tactile et menaçant par sa forte présence à la fois.
Quelques (fausses) plumes attachées à une ficelle pour le fermer.
L’ensemble est une évocation, un aperçu de ce qui peut se passer à l’intérieur.



ESAAix - Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence - http://www.ecole-art-aix.fr