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Le Web : une machine sociale

Voici, un article écrit dans le cadre du cours de philosophie de Jean Cristofol. Le sujet était l’étude de l’homme et la machine, thème que nous avons suivis durant le premier semestre. J’ai choisi pour ma part d’observer les tenants et aboutissants du Web 2.0 ou Web participatif...

Le mot est sur toutes les bouches. Les « Facebook », « Twitter » et autres « myspace » nous mettent en contact, dans l’immensité du Wolrd Wide Web. En trois ans, facebook, le site créé par le jeune étudiant de l’université d’Harvard mark Zuckerberg, est, après le géant Google, le deuxième site le plus visité, avec ses 350 millions d’émules. Trois ans, c’est le temps qu’il aura fallu à ce site, qui était initialement un réseau fermé, pour transformer les liens sociaux en un immense labyrinthe de données électroniques.
Il ne s’agit pas tant ici de revenir sur le bien fondé ou non d’une entreprise rassemblant des personnes proches ou inconnues, mais plutôt de réfléchir aux enjeux introduis par l’effervescence informationnelle du Web 2.0 ou Web participatif.

Le Web, une machine sociale :

L’histoire des technologies de l’information a connu dans ces deux derniers siècles de multiples révolutions. Entre le télégraphe, le téléphone ou encore la télévision, l’information transmise à distance (le préfixe « télé » signifiant l’éloignement) connaît une période faste.

Pour autant, nous assistons aujourd’hui à une rupture dans ce système d’échange informationnel. En effet, le cycle de transmission de l’information suivait jusqu’alors un fonctionnement pyramidal, à l’image du journal qui traitait pour ensuite publier.

Ce fonctionnement est désormais inversé. L’internaute, autrement dit « monsieur tout le monde », schématisé autrefois par le bas de la pyramide, est aujourd’hui actif et visible sur la toile. Il est à la source du système, il l’alimente et le modifie sans cesse.

Ainsi, le site « Twitter » au slogan révélateur : « What’s happening ? », nous propose d’échanger et de découvrir « ce qui se passe en ce moment, partout dans le monde », ceci en actualisant instantanément de courtes notes appelées « twitts » (gazouillis) publiées par les internautes.

De ce point de vue, cette transmission de l’information refondée n’échappe pas à la pensée d’une dimension importante du concept de la machine. L’articulation d’éléments microsociologiques conduisant à la macrosociologie nous invite à voir le Web participatif comme une machine à part entière.
Tels les rouages d’une horloge, les internautes interagissent, traduisant une corrélation de l’élément au tout.

En outre, la durabilité de cette machine ne fait aucun doute. Ce qui fut un épiphénomène concernant les teenagers, sera inévitablement une tendance lourde des adultes de demain. Les appareils électroniques communiquent ensemble. Les vitesses de connexion ne cessent d’augmenter. Les limites de ce phénomène sont de moins en moins visibles.

Le Web participatif est une révolution communautaire. Néanmoins, son caractère instantané et protéiforme nous conduit à une autre source de questionnement.

Des conséquences difficilement prévisibles :

En termes d’efficacité des échanges, la naissance de l’imprimerie fut « un pas de géant pour l’humanité », de nos jours, le Web participatif en est un nouvel exemple. L’accès aux acquis d’expériences, jusqu’alors privés,via les réseaux communautaires, sera bientôt une source inépuisable d’idées.

Le problème est ici énoncé, la source d’information est d’origine privée, donc implicite. C’est un fait, le Web 2.0 repose sur la transparence. L’internaute publie ses photos, retransmet son expérience car il a confiance en ce système. La communauté fait elle-même sa police et il n’est pas rare de voir des utilisateurs réprimandés pour un usage abusif ou la transmission d’une information volontairement erronée.

C’est sur ce discours que se basent, par exemple, les détracteurs de l’encyclopédie « Wikipédia », argumentant sur la validité des informations qui s’y trouvent.

D’autre part, l’exploitation des réseaux communautaires se situe dans un cadre qui, de par leurs jeunesses, n’est pas encore bien définie. Cette source d’idées évoquée précédemment ne se trouve pas dans toutes les facettes de l’identité, exploitables grâce a ces sites. En outre ces dernières ne doivent pas êtres entièrement disponibles à tous, sous peine d’un possible effondrement du système, dû à la crainte d’une éventuelle intrusion dans la vie privée, ou d’excès façon Big Brother.

Si l’utilité d’un site comme Twitter est explicite, celle de facebook, dans une vision plus large que la création de liens sociaux, reste à définir plus précisément.

La définition d’un cadre dans l’utilisation des réseaux sociaux ou communautaires est donc une perspective majeure pour les prochaines années. Et ce, dans le but de voir perdurer cette machine sociale.

Le phénomène du petit monde ou « paradoxe de milgram » propose l’hypothèse selon laquelle tout individu peut être lié à un autre individu par six degrés de séparation. Cette question reste ouverte. malgré tout, je m’étonne en lisant l’expérience de l’anthropologue britannique Robin Dunbar qui affirme, que le cerveau humain ne peut entretenir une relation stable qu’avec un nombre limité de 148 amis. Un comble quand je constate que certaines de mes connaissances sur facebook on plus d’un millier d’amis. En cela, il ne serait pas étonnant de voir le nombre des degrés de séparation de l’expérience de milgram diminuer.

L’Homme, par l’intermédiaire du Web, est devenu machine, et celle-ci rempli pleinement son rôle en lui ouvrant de nouveaux horizons, lui donnant de nouveaux possibles.


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