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Ecriture de la première scène

Écriture de la première scène de l’histoire.

7h58
Des jeunes gens passaient un vieux portail rouillé et brinqueballant au pas de course. Sur le muret décrépi qui soutenait ce portail, une pancarte au bois vieilli laissait à peine entrevoir l’inscription qui la gravait : Bienvenue au Collège fifrelin.

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Constance s’était abritée aux côtés de vieux casiers sans portes, dans le renforcement d’un couloir qui, comme tous les couloirs de l’établissement à cette heure ci, se transformait en une fourmilière de coups de coudes et de pieds qui s’écrasent.

Comme tous les jours, Constance attendait patiemment que toutes ces brutes rejoignent enfin leur classe respective.

8h00
La cloche retentit enfin annonçant le début des cours et le tumulte qui régnait quelques secondes avant dans les couloirs, s’était transformé en un silence digne d’un cimetière.
Constance sortit de sa cachette. Non pas sans se cogner comme toujours aux casiers qui la protégeaient à l’instant. Elle poussa un juron et rejoignit elle aussi sa classe.

Comme toujours, mme Estudié était en retard, trop occupée à saturer un maquillage déjà épais pensa Constance.

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Constance passa l’entrée de sa salle de cours au dessus de laquelle, une feuille de photocopieuse avec l’inscription 5èmeB qui avait, visiblement était scotchée à la va vite, penchée dangereusement sur le côté gauche.

Ses camarades ne lui accordèrent pas un seul coup d’œil, ni franc, ni de travers. Elle traversa le couloir central pour atteindre le fond de la classe, là où se situait son bureau. Comme la veille, elle trébucha sur le carreau de carrelage qui dépassait et se rattrapa de justesse. Personne ne sembla remarquer cette maladresse.

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Constance s’assit à son pupitre, côté fenêtre. Les places autour de son domaine avaient été désertées depuis longtemps et Constance n’y faisait plus attention. Elle sortit son livre d’histoire. Livre qu’elle avait déjà lu trois fois et qui n’était sur sa table que pour faire bonne figure. Elle sortit en outre, son magazine de mode. En première page figurait un mannequin habillé d’une robe cintrée à la taille par une ceinture de cuir noir, coupée au dessus du genoux, et, dont les couleurs noir charbon, bleu profond et violet rougi dessinaient des motifs pour le moins abstraits. En dessous était inscrit : Violette, 16ans. La jeune et talentueuse styliste et chanteuse va faire ses premiers pas au cinéma. Interview en exclusivité pour mode Pimbêche, votre magazine !

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8h05
mme Escudié passa enfin l’entrée de la salle. Un grand couvre chef aux multiples froufrous et décorations, assorti à sa robe lavande, siégeait sur son imposante tête et ne laissait entrevoir que son visage.
Enfin, façon de parler parce que son visage était cosmétiquement sursaturé et Constance avait l’impression qu’il se craquelait par endroit comme un masque d’argile entrain de se dessécher. Elle n’accorda qu’une rapide attention à l’enseignante qui commençait déjà à raconter l’effroyable bataille qu’elle venait de vivre, intérieurement parlant bien sur, lorsqu’était venu le temps de choisir entre un vernis rouge corail et un vernis jaune beurre. A l’exception de Constance, toutes les filles présentes buvaient les mots d’Escudié.
Les garçons, eux, s’adonnaient à des jeux vidéos, à de la lecture, ou retournaient à leur sommeil trop tôt abandonné en veillant tout de même à bien avoir fixé leurs écouteurs sur leurs oreilles, la voix de crécelle d’Escudié pendant qu’on dort, c’est le cauchemar assuré !

Escudié, toujours outrée par le manque d’intérêt que lui adressait Constance, elle la héla du bout de la salle.

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- miss Constance ! Si l’histoire de la découverte du mascara waterproof ne vous intéresse pas, je ne vous retiens pas !
- Vous non, malheureusement, la loi m’y oblige même si je doute que la découverte du mascara waterproof soit venue en aide à Napoléon à Waterloo ! Répondit-elle sans le moindre entrain.

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Sur ce, Constance retourna à sa lecture, heureuse d’entendre les insultes et les protestations de ses camarades. Pour une fois, elle n’avait pas l’impression d’être complètement invisible...

Par la suite j’ai fait un story-bord de cette scène initiale.


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